« Chassez le naturel, il revient au galop »

Antananarivo fait peau neuve. Bien des choses ont changé dans la capitale de Mada­gas­car depuis quelques semaines. Ce changement se manifeste sous plusieurs formes. Les rues de la capitale présentent un nouvel as­pect : les nids-de-poule (les qualifier de nids d’autruche serait plus approprié sur certaines portions de rue) n’existent plus pour le grand plaisir des automobilistes.
Les bâtiments tout le long de l’Avenue de l’Indépendance ont tous été repeints aux couleurs de la ville. Cer­taines initiatives privées en ont fait de même. Les ordures qui jonchaient les rues un peu partout, ont disparu comme par miracle… On ne pourra pas citer tous les changements qui seront intervenus tellement ils sont nombreux sur les principaux axes de circulation.
Ne pas reconnaître que la Capitale commence à enregistrer une véritable métamorphose re­lèverait ni plus ni moins, que de la mauvaise foi. Bien évidemment, des esprits malintentionnés ne manqueront pas de faire re­marquer que, finalement, tous ces changements ne seraient jamais intervenus sans l’arrivée prochaine des éminents in­vités qui vont participer au Sommet de la COI.
Mais tout compte fait, qu’importe les raisons de ces transformations. On retiendra tout simplement le résultat : une ville d’Antananarivo, propre, saine, plus salubre… comme on a toujours voulu la voir. Bien sûr, tout n’est pas encore parfait, loin s’en faut. Il reste encore beaucoup à faire ne se­rait-ce qu’au niveau des canalisations.
Certes, il est déjà programmé de transformer les canaux d’évacuation d’eau pour qu’Antana­narivo ne devienne pas une ville lacustre à la moindre goutte de pluie. Tout le monde espère que ces travaux seront effectivement réalisés. Bien entendu, il faut poursuivre les efforts d’embellissement de la capitale et ne pas s’arrêter en si bon chemin.
Seulement, réhabiliter les rues et embellir les édifices bordant les rues de la Capitale ne suffisent pas. Encore faut-il que l’on puisse y vivre en toute quiétude, en tou­te sérénité. Aussi, faudra-t-il également s’attaquer au mal qui affecte les habitants de la Ca­pi­tale, à savoir l’insécurité qui règne dans tous les quartiers.
Comme on peut le voir, beaucoup reste en­core à faire. Il ne s’agit point de dormir sur ses lauriers. Et tous ces efforts requièrent la contribution de tout un chacun. Ce n’est pas la Commu­ne Urbaine d’Antanana­rivo ni les dirigeants du pays qui sont les seuls concernés. C’est toute la population tananarivien­ne qui doit aussi y mettre du sien.
Mais il sera difficile d’amener cette population ou encore tous ceux qui sont juste de passage dans la capitale, à accepter et respecter les trans­forma­tions et les changements qui ont eu lieu. Les décennies de laisser-aller et d’incivisme sont dures à effacer d’un seul trait. Comme on le dit :
« Chassez le naturel, il revient au galop ».

Aimé Andrianina

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