Des soins non disponibles à Madagascar obligent certains patients à recourir aux évacuations sanitaires aériennes d’urgence (Evasan), vers les îles sœurs, selon le docteur Njaka Rajaonarisoa, chargé de communication de l’hôpital Royal Green de l’île Maurice. Et leur nombre est en hausse. Interview
*Les Nouvelles : D’après vous, quelles sont les raisons qui obligent les patients malgaches à recourir aux Evasan, vers l’étranger ?
– Le docteur Njaka Rajaonarisoa : Certes, on a des spécialistes de haut niveau à Madagascar dans le domaine de la médecine. Toutefois, force est de constater qu’à certains moments, on est obligé de recourir à des évacuations sanitaires vers l’étranger, pour recevoir des soins médicaux appropriés, surtout que le cas du patient nécessite une intervention chirurgicale.
*C’est-à-dire…
-A titre d’exemple, la chirurgie sous approche scopie est difficile à réaliser à Madagascar, nécessitant une technologie de pointe. Il y a également la coronographie et la tomographie ou Petscan qui est une technique d’imagerie médicale servant à analyser les organes et leur fonctionnement, ainsi que l’IRM ou l’Imagerie par résonance magnétique afin d’obtenir des images détaillées de l’intérieur du corps.
*A cause de ces manques de ressources médicales, de plus en plus de Malgaches recourent donc aux Evasan…
-Actuellement, on peut dire que le nombre d’Evasan est en hausse. En 2023, une cinquantaine de patients ont fait la demande. Entre avril et mai de cette année, 25 patients ont été évacués à l’hôpital Royal Green de l’île Maurice.
*Combien coûte une Evasan ?
– Cela dépend. A titre d’exemple, une intervention chirurgicale sur les artères varie de 6.000 euros à 9.000 euros, mais tout dépend du nombre d’artères à soigner.
*Et concernant les frais d’approches et les médicaments ?
– Nous prenons en charge le patient depuis l’aéroport jusqu’à sa sortie d’hôpital. Allant dans ce sens, nous travaillons de pair avec SOS Médecin à Madagascar pour l’évacuation sanitaire ainsi qu’avec Baobab banque Madagascar du côté financier, notamment afin d’aider les patients dans les transactions financières vers l’île Maurice ou encore en cas de difficulté financière médicale. Cette institution financière est chargée d’établir une facture proforma de soins médicaux, une fois le diagnostic réalisé.
*N’est-il pas plus facile d’ouvrir un hôpital Royal Green à Madagascar ?
– C’est une perspective qui n’est pas à écarter. Mais pour le moment, afin de garder la qualité de nos soins et interventions, on préfère encore l’évacuation sanitaire vers l’île Maurice.
Propos recueillis par Sera R.




