Les négociations sur les îles Eparses, sont loin d’être terminées. La commission mixte franco-malgache se donne rendez-vous à Madagascar, pour une troisième réunion, dont la date sera fixée d’un commun accord, par voie diplomatique. Mais la délégation malgache a profité de la deuxième rencontre d’hier à Paris, pour réitérer la position de Madagascar sur la question et poser ses exigences.
«Dans un esprit de dialogue et de confiance», selon la ministre des Affaires étrangères malgache Rasata Rafaravavitafika, la question sur les îles éparses, connues sous les noms de Nosy Sambatra, Nosy Nandalova, Nosy Ampela et Nosy Bedimaky, a été remise sur la table hier, à Paris, lors de la deuxième réunion de la Commission mixte franco-malgache, co-présidée par le ministre français des Affaires européennes et étrangères, Jean Noël Barrot et son homologue, Rasata Rafaravavitafika.
Selon le communiqué reçu, «Madagascar et la France ont réaffirmé leur attachement aux principes du droit international, au respect mutuel et au partenariat basé sur les relations fraternelles». «Les deux parties ont reconnu qu’il y a des différends concernant la question des îles Eparses. Un récapitulatif des points discutés lors de la précédente réunion, a été dressé».
D’ailleurs, d’après la ministre malgache, la France a pris acte de la position de la délégation malgache, revendiquant la restitution de ces iles, pour faire établir ses droits, conformément aux résolutions des Nations Unies.
Des exigences
Aucune décision n’a été encore prise. Néanmoins, ce second tour a permis à la délégation malgache de soumettre ses exigences, selon la ministre malgache. D’abord, la Grande île a demandé que toute décision unilatérale concernant les îles soit suspendue jusqu’à ce que les deux pays trouvent un commun accord, conformément à la volonté des présidents malgache et français. Pour Madagascar, il importe de poursuivre les discussions, pour parvenir à une solution pacifique, équitable et durable, respectant les aspirations du peuple malgache.
La délégation malgache a également exigé qu’un cadre général de coopération qui ne remet pas en cause le principe de souveraineté de Madagascar sur ces îles, soit établi avec la tenue des réunions régulières, pour assurer le suivi du processus. Madagascar recommande aussi que les pêcheurs malgaches soient autorisés à exercer librement dans les eaux territoriales des îles, comme le faisaient leurs ancêtres.
Parmi les exigences également, l’indemnisation des pertes économiques subies par Madagascar durant les années d’absence de souveraineté sur ces îles, ainsi que la participation des scientifiques malgaches, à des projets de recherche, ainsi que l’accès aux données de recherches déjà effectuées.
«Les deux délégations ont exprimé leur volonté de poursuivre et de renforcer le dialogue, de jeter les bases d’un partenariat durable», conclut le communiqué du ministère des Affaires étrangères.
F.M




