Iles Eparses : 900 sociétés civiles réclament leur restitution à Madagascar

A l’occasion de la fête nationale française, un collectif regroupant 900 Organisations de la société civile (OSC) a publié un communiqué réclamant la restitution inconditionnelle des îles Eparses à Madagascar. Dans ce texte, les OSC affirment : « Nos vœux républicains s’accompagnent de notre appel à la restitution totale et inconditionnelle à Madagascar des îles éparses ainsi que de la reconnaissance de notre liberté, encore incomplète».

«Liberté, égalité et fraternité commencent par le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », rappellent-elles. « La France ne peut célébrer la liberté tout en maintenant l’occupation d’un territoire qu’elle sait ne pas lui appartenir », réitèrent les OSC, rappelant que la souveraineté ne saurait être sélective. Ces organisations réaffirment leur exigence que la France respecte la souveraineté malgache sur ces îles. Cette prise de position vient confirmer celle in­tervenue à la veille de la deu­xième session de la Commis­sion mixte franco-malgache, qui s’est tenue à Paris le 30 juin dernier. « La République française, berceau des droits de l’Homme, ne peut continuer à ignorer l’appel à la justice historique du peuple malgache », souligne le communiqué. Les îles éparses constituent une partie intégrante du territoire national malgache, dixit les OSC. « La France, en tant que membre de l’Organisa­tion des Nations unies, doit se conformer à la résolution 34/91 de l’Assemblée générale des Nations unies qui demande leur restitution à Madagascar », ont-elles véhiculé dans le communiqué. « Ce geste ne serait pas seulement un acte de réparation, mais également un signe fort de respect envers la souveraineté malgache », insistent les OSC. Elles expliquent que les résolutions des Na­tions unies ne sont pas que des symboles et que cet héritage colonial est incompatible avec les principes républicains défendus par la France.
Les organisations dénoncent également la présence continue d’une administration française sur ces îles, qui perpétue selon elles un « sym­bole inacceptable de continuité coloniale », puisque le territoire malgache reste partiellement sous contrôle français.

L’audace du président Rajoelina pour parvenir à cette rencontre
La sénatrice Lalatiana Rakotondrazafy est intervenue sur sa chaîne télévisée pour expliquer les avancées réalisées sous le régime du président Andry Rajoelina dans les discussions concernant les îles éparses. Elle a salué « l’audace, le courage et la volonté du président Rajoe­lina d’aborder la question des îles lors de ses échanges avec le président français Emmanuel Macron », un mérite politique qui a notamment con­duit à la tenue d’une seconde rencontre de la commission mixte à la fin du mois de juin. « Malgré un rapport de forces déséquilibré, la délégation malgache a fait preuve de détermination face à la forte délégation française », a-t-elle continué dans ses explications. Si la question de la cogestion n’a pas encore été abordée lors de cette session, la sénatrice rappelle que la délégation malgache a fermement maintenu les acquis et accords issus de la première rencontre de 2019 afin de « ne pas repartir à zéro », a-t-elle précisé. « Le communiqué conjoint issu de cette réu­nion est un signe d’accord entre les deux parties », a ajouté la sénatrice.

F.M

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