La plupart des victimes de l’empoisonnement de masse à Ambohimalaza étaient encore dans la fleur de l’âge. Et hier soir encore, une fille âgée de 17 ans a succombé sur son lit d’hôpital, la 30e en prenant en compte les quatre morts dans d’autres centres de santé, mais la 26e dans le Centre hospitalier universitaire Joseph Ravoahangy Andrianavalona (CHU JRA) à Ampefiloha.
L’adolescente ayant perdu la vie, hier, faisait partie des convives à l’anniversaire de Fenohasina, les deux filles étant amies. Elle est venue à la fête avec son frère aîné, lui aussi ayant déjà rejoint les étoiles après avoir été pris en charge au CHU JRA. Elle était la première patiente à commencer à se rétablir ces derniers temps, ayant pu ouvrir ses yeux et écrire sur une ardoise. « Elle ravivait l’espoir de tous les garde-malades », s’est lamenté son père. La nouvelle s’est vite propagée comme une traînée de poudre, tellement ce drame d’Ambohimalaza dans la nuit du 14 au 15 juin retient l’attention de tout le monde.
Cette affaire évolue tantôt très vite, tantôt trop lente. Alors que les autorités poursuivent les investigations pour retrouver les éventuels coupables, dont trois attendent leur procès actuellement à la maison centrale d’Antanimora, les familles des victimes comptent porter plainte contre Fenohasina et sa mère. De leur côté, les médias internationaux cherchent encore à prouver que cette hécatombe est due au botulisme et non à un empoisonnement délibéré malgré les interventions des spécialistes locaux en la matière.
En tout cas, l’une des victimes collatérales de ce drame serait certainement le ministre de la Jeunesse et des sports (MJS), Abdoullah Marson Moustapha. Depuis des jours, des informations circulaient selon lesquelles il aurait quelque chose à voir avec l’empoisonnement. Des diffamations publiques survenues après la tentative avortée de motion de censure orchestrée par quelques membres de l’Assemblée nationale durant la dernière session parlementaire ordinaire.
De diffamation publique à excuse publique
Ayant déposé une plainte au service de lutte contre la cybercriminalité, mardi, ce département ministériel a obtenu gain de cause, le juge d’instruction ayant auditionné, hier le pasteur Christian Eric Rakotoniera, parmi les internautes qui ont publié cette information. Le concerné a alors diffusé une vidéo, hier soir sur son compte Facebook. « Je m’excuse pour la publication d’informations non fondées sur les réseaux sociaux à propos du MJS », a-t-il indiqué d’emblée.
Il a reconnu avoir commis une erreur incompatible avec son statut de chef spirituel. « Je demande pardon à tout le monde, filles et fils, croyants, aînés et parents, particulièrement à monsieur le président », a-t-il regretté. Il a réitéré que ce qu’il a partagé n’était que des rumeurs dépourvues de preuves. « Je m’excuse une fois de plus, notamment pour les troubles et disgrâces causés par mes actes irréfléchis », a-t-il conclu.
Du reste, sauf changement de dernière minute, avec en première ligne cette nouvelle victimes recensée hier soir, les familles endeuillées devraient se donner rendez-vous, cet après-midi au théâtre de verdure d’Analamahitsy. Elles prévoient d’observer un moment de recueillement collectif tout en discutant avec les avocats des suites à donner à leur quête de vérité sur la mort des leurs, d’autant que certaines d’entre elles ont perdu deux membres ou plus des suites de ce drame, pour ne citer que celle de cette jeunes fille de 17 ans et son frère aîné.
LR




