Ça y est, ils l’ont fait. Ils, ce sont les Barea. En dépit des appréhensions lors de l’annonce de l’équipe avant le départ pour cette compétition, les joueurs ont tout donné et ont réussi à faire taire les polémiques. Aujourd’hui, tout le monde a vite oublié qu’avant le départ, rien n’était acquis. Les résultats sont désormais là. Après la présentation au stade de Mahamasina, une autre cérémonie, plus institutionnelle, s’est tenue hier à Iavoloha, au cours de laquelle le groupe a été reçu par le Chef de l’Etat. Comme quoi, les résultats peuvent faire taire les critiques à tout moment et que le travail paie toujours.
Dans le même registre de fierté nationale, une autre page de l’histoire s’écrit avec le retour du « Kabeso » du roi Toera, souverain sakalava du Menabe, et de ses deux fidèles guerriers, récemment restitués depuis Paris aux autorités et à ses descendants. Une restitution d’une importance capitale, aussi bien sur le plan symbolique qu’historique, car elle vient refermer une blessure ouverte depuis le début de la colonisation.
Tout ceci pour dire que la fierté nationale se construit aussi par des actes concrets. Les Barea ont montré, ballon au pied, qu’avec de la persévérance et de la discipline, on peut surprendre et aller au-delà des attentes. De leur côté, les autorités, par leurs démarches diplomatiques, ont également démontré que Madagascar peut se hisser au niveau des grandes nations, que ce soit dans le sport ou dans la valorisation du patrimoine.
Car il faut bien souligner que si les Barea brillent aujourd’hui, c’est aussi parce qu’il y a eu des efforts en amont. Les clubs ont fait un choix judicieux d’investir dans cette équipe et de croire au potentiel des joueurs. De la même manière, la restitution du « Kabeso » n’est pas arrivée par hasard. Elle est le fruit de longues négociations et d’une volonté ferme de réhabiliter l’histoire nationale.
Ces deux événements, à première vue différents, se rejoignent sur un point commun : ils réveillent chez les compatriotes une fierté profonde. Alors, oui, les critiques reviendront sans doute demain. Mais aujourd’hui, place à la fierté. Fierté pour les Barea, qui portent haut les couleurs nationales. Fierté pour nos ancêtres, dont la mémoire est honorée et respectée.
Rakoto




