Une nouvelle étape décisive vient d’être franchie dans la lutte contre la filariose lymphatique. Le projet Prise en charge des malades par une approche intégrée (PCMPI), fruit d’une collaboration entre le ministère de la Santé publique et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), vise l’éradication de cette maladie invalidante d’ici à 2030.
Présente dans plusieurs régions du pays, la filariose lymphatique est à l’origine de handicaps physiques et sociaux majeurs, tels que le lymphœdème (gonflement des membres) et l’hydrocèle (gonflement du scrotum). Le projet PCMPI ambitionne une prise en charge inclusive des patients dans 17 districts ciblés, où la prévalence reste élevée.
Dans le cadre de cette initiative, les districts de Toamasina et de Manakara ont été identifiés comme prioritaires en raison de leur forte charge de morbidité. Une équipe de l’OMS s’est rendue sur place pour renforcer les capacités locales, notamment à travers la formation spécialisée de 8 chirurgiens à la prise en charge de l’hydrocèle.
Au terme de quatre jours de pratique chirurgicale intensive, 40 patients atteints d’hydrocèle ont pu être pris en charge gratuitement, améliorant immédiatement leur qualité de vie. Ces actions s’inscrivent dans une stratégie à deux volets : la formation continue du personnel de santé et l’accès direct aux soins pour les malades.
« L’engagement du gouvernement, soutenu par ses partenaires, témoigne de la volonté commune d’en finir avec cette maladie de la pauvreté, qui n’a plus sa place dans notre société », a souligné un représentant du ministère lors de la mission à Manakara.
Le projet PCMPI s’intègre dans les objectifs globaux de santé publique de l’OMS et représente un modèle de solidarité, de collaboration interinstitutionnelle et de mise en œuvre concrète sur le terrain. Si les efforts se poursuivent à ce rythme, Madagascar pourrait rejoindre les pays qui ont déjà réussi à éliminer la filariose lymphatique comme problème de santé publique.
Fahranarison




