Thierry Rakotonarivo: « La dissolution de la Ceni nécessite la modification de la Constitution »

Le statut constitutionnel de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) est au cœur du discours de Thierry Rakotonarivo, nouvellement nommé deuxième vice-président du Bureau permanent de la Ceni, dont « la dissolution nécessite la modification de la Constitution », a-t-il déclaré, lors de sa prestation de serment hier à la Cour Suprême d’Anosy.

Thierry Rakotonarivo a rappelé que le rôle et les attributions de la Commission électorale fi­gurent clairement dans la Cons­titution. Et « Tant que la Constitution demeure inchangée, il n’existe aucun mécanisme légal permettant de dissou­dre la Ceni. Seul le remplacement de ses membres est envisageable », a-t-il insisté, face aux débats récurrents sur une éventuelle refonte ou suppression de l’institution.
Selon Thierry Rakotona­rivo, « la gestion du processus électoral doit être améliorée en profondeur ». Et d’ajouter, « Il est indispensable de renouveler le cadre légal répondant au prin­cipe d’impartialité et de renforcer l’éducation civique afin de protéger la volonté du peuple malgache et d’organiser des élections acceptées par tous ».
Il a rappelé que la Révi­sion annuelle de la liste électorale (Rale) est suspendue pour permettre une meil­leure organisation des travaux de réforme. Selon lui, le moment n’est pas encore venu de lancer une refonte de la liste électorale qui devrait être réalisée tous les dix ans.
« La décision revient au gouvernement, mais la Ceni fera de son mieux selon ses compétences ». Selon lui, malgré les critiques, la Ceni reste le seul organe habilité à con­duire le processus électoral. Mais, les réformes attendues de l’organe dépendent de la volonté du gouvernement et du Parlement.
Thierry Rakotonarivo a également déploré que plusieurs propositions anciennes de la Ceni n’aient pas été prises en compte par le gouvernement. Il reproche également à l’Assemblée nationale de ne pas avoir adopté les lois nécessaires garantissant la fiabilité des scrutins. Il exprime ainsi le souhait que le pouvoir législatif tienne enfin compte de ces re­commandations pour permettre l’organisation d’élections transparentes et crédibles.
Concernant le calendrier électoral, il a rappelé que les élections sénatoriales, légalement prévues en décembre, ne peuvent avoir lieu en l’absence de décret publié dans les 90 jours précédant le 31 décembre. A ce jour, aucune élection ne peut donc être organisée.
Thierry Rakotonarivo a aussi soulevé le problème rencontré en 2020, lorsque des millions de Malgaches avaient reçu le même nu­méro de carte d’identité na­tionale. « Si une amélioration est nécessaire, il suffit d’en présenter les preuves sur les doublons en 2020 », conclut-il.

N.A

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