La loi encadrant la production et la vente du « toaka gasy », l’alcool de fabrication locale et de manière artisanale a été finalement adoptée après de nombreuses années d’attente. On n’attend plus que la publication du décret d’application pour que la production et la commercialisation soient officielles.
Généralement fabriqué à partir du jus de canne à sucre fermenté, on peut dire que c’est le rhum du terroir. Pour cette raison, son appellation diffère suivant chaque région. Et certaines régions sont très connues dans tout le pays pour la qualité du toaka gasy qu’elles produisent.
C’est un produit très largement ancré dans la culture malgache. Dans les milieux villageois notamment, aucune manifestation, aucune festivité ne se déroule en l’absence du toaka gasy. C’est pour ainsi dire de l’importance de la quantité d’alcool produite chaque année au niveau national.
Quoique sa production et sa commercialisation ont toujours été prohibées, il n’en demeure pas moins qu’une très grande quantité est produite chaque année partout à Madagascar et ce malgré l’absence de véritables statistiques. D’autant plus que la canne à sucre est disponible toute l’année.
La mise en place de cette nouvelle loi va être bien accueillie par de nombreux acteurs qui interviennent dans le processus de production et de vente du toaka gasy.Il y a d’abord les cultivateurs. La moindre parcelle de plantation de canne à sucre va être mise en valeur.
En vendant leurs cannes à sucre aux fabricants d’alcool, leurs produits vont leur procurer des revenus additionnels. Quant aux producteurs, ils n’auront plus à se cacher pour faire tourner leurs activités. Ils n’auront qu’à se conformer à la loi qui va être en vigueur pour pouvoir le faire librement.
Ce ne sont pas seulement les producteurs, généralement ruraux et artisanaux, qui bénéficieront des revenus issus de la production et de la vente du toaka gasy. Compte tenu du volet fiscal très important, cette activité fournira aux collectivités décentralisées des moyens financiers non négligeables.
Seulement, il faut déplorer que la qualité laisse parfois à désirer. Mais des systèmes de contrôle sont déjà prévus par les administrations concernées. Ainsi, par exemple, le non-respect des normes sur le taux d’alcool constituera un motif de suspension de production.
L’objectif étant de protéger la santé publique, on peut être certain que les contrôles en matière de sécurité sanitaire et à la qualité des produits vont être renforcés. Ainsi, les personnes qui apprécient ce produit vont pouvoir le consommer en toute quiétude.
Avec la libéralisation de la production et de la vente du toaka gasy, on est certain que ce type d’alcool va couler à flots dans chaque village. Et les prochaines fêtes de Noël et du Nouvel an offriront l’occasion. On ne pourra donner qu’un seul conseil : A consommer avec modération.
Ranaivo Lala Honoré




