Concertation nationale: recours au financement privé !

Lancement en fanfare de la concertation nationale ce mercredi au CCI Ivato, pour une durée de six mois au plus. Le financement ne reste plus un obstacle. Le FFKM a trouvé les fonds nécessaires, a-t-on indiqué sans donner plus de détails sur le montant officiel ni les noms des soi-disant « bailleurs ».

La consultation nationale s’ouvrira mercredi au CCI Ivato, comme l’a annoncé samedi le président de la Refondation de la Ré­publique, le Colonel Michael Randrianirina à Analama­hi­tsy. L’épineuse question du financement au cœur même du débat à l’Assemblée nationale, est finalement résolue
«La confédération des églises chrétiennes de Madagascar a trouvé le moyen de financer la concertation nationale», a fait savoir le chef de l’Etat. «Des investisseurs collaborent déjà avec le FFKM, en matière d’organisation», a-t-il souligné. Pour rappel, le premier mi­nistre a expliqué, lors de la présentation de la PGE à Tsimbazaza le 18 novembre, que les fonds destinés à la con­certation nationale seraient progressivement réunis.
Si ce n’est pas l’Etat, qui finance alors l’organisation de cette fameuse concertation nationale et surtout quel est le montant engagé ? Il ne s’agit pas d’une réunion d’une journée, mais pour une durée maximale de 6 mois, avec la participation en grand nombre d’acteurs issus des différentes régions et localités dont l’information sur ce sujet, n’a pas encore été communiquée.
Il demeure encore beaucoup de zones d’ombre autour de cette grande étape menant vers la refondation de la République. En tout cas, à en croire les explications, le FFKM dispose désormais des ressources financières nécessaires pour organiser dans les règles de l’art cette grande rencontre nationale. Alors que selon certaines indiscrétions, ces « fonds » ne seraient pas encore disponibles et que les noms de bailleurs ne sont pas encore communiqués.

Participation citoyenne inclusive
D’après le colonel Michaël Randrianirina, la concertation nationale s’inscrit dans le cadre du programme général de l’Etat (PGE) de transition, interviendra à plusieurs ni­veaux à commencer par les Fokontany « afin que la voix du peuple ne soit pas étouffée » a-t-il précisé. Cela permet au gouvernement de recueillir les avis de tous les citoyens et de concevoir les nouvelles lois qu’ils souhaiteront adopter.
« La FFKM, qui dirigera la concertation nationale, souhaite commencer depuis la base, afin de donner la parole aux ci­toyens » a-t-il mentionné en martelant que « … nous étouffons et ignorons systématiquement les opinions, locale et régionale».

Crédibilité du FFKM !
Depuis que le régime en place a annoncé confier l’organisation de cette concertation nationale au FFKM, des voix s’élèvent contre ce choix « unilatéral ». Mais le président de la Refondation de la République a expliqué que  « le FFKM est la seule organisation capable de fédérer les institutions et toutes les forces vives du pays, y compris celles de l’opposition ». La ministre d’Etat chargée de la Refon­dation, Hanitra Razafima­nan­tsoa a également affirmé, lors d’une rencontre avec les sénateurs au palais d’Anosi­ke­ly mardi, que « ce choix s’explique avant tout par la notoriété et la crédibilité dont jouit cette institution religieuse en tant qu’autorité morale ».
Toutefois, de nombreux analystes, politiciens et la so­ciété civile, appellent à ce que des représentants des forces vives, tels que les anciens et les chefs traditionnels, les in­tellectuels, les organisations des musulmanes à Madagas­car ainsi que des représentants de la société, soient parmi les co-organisateurs aux côtés du FFKM.
Récemment, l’ancien président de Conseil du Fampi­ha­vanana Malagasy (CFM), Maka Alphonse, a avancé que ce processus menant à la re­fondation devrait être inclusif. Il a reconnu que « les chefs des Eglises disposent de l’autorité morale, mais une autre structure devrait préparer conjointement la tenue de dialogue national avec les chefs d’Eglises».

Rakoto

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