Crise malgache de 2025: «Influence déterminante des réseaux sociaux» selon Peak Group

Une étude conduite par Peak Group, sous l’égide du Dr Fabrice Lollia, a mis en évidence un changement profond dans la manière dont les Malgaches s’informent et interprètent la vie publique. Réalisée entre septembre et octobre auprès de 253 citoyens, cette enquête révèle l’influence déterminante des réseaux sociaux au cœur de la crise politique et sociale que traverse le pays.
Le rapport montre que « WhatsApp et Facebook dominent largement l’espace public numérique ». Ils sont devenus les principaux lieux de discussion, de mobilisation et de circulation des contenus sensibles. YouTube, Insta­gram et TikTok complètent un paysage où l’instantanéité et l’émotion priment sur la vérification.
Selon l’étude, « près de 92 % des participants déclarent avoir été exposés à des contenus trompeurs » durant la période. Un niveau exceptionnel, qui confirme la saturation informationnelle et la fragilité du climat de confiance. Près d’un répondant sur deux affirme même avoir déjà changé d’avis après avoir vu une publication en ligne. Les émotions – colère, peur, tristesse – jouent grandement dans ces transformations rapides des perceptions.

Disproportion
Face à la prudence ou au silence des médias traditionnels, les plateformes ont pris une place disproportionnée dans la fabrique de l’opinion. Elles créent un espace où se mêlent faits, rumeurs, témoignages, indignations et mobilisations. Cette dynamique alimente un phénomène décrit par le rapport comme une « gouvernance émotionnelle du public », où la viralité l’emporte souvent sur l’analyse.
Les commentaires laissés par les citoyens confirment ce constat. Beaucoup dénoncent la prolifération de « fakes », la polarisation des débats ou encore la présence de comptes anonymes. D’autres soulignent une demande urgente de transparence, de vérification et de communication institutionnelle plus réactive. Malgré la méfiance exprimée, les réseaux sociaux dominent l’actualité.
Pour faire face à cette situation, l’étude recommande la création d’une stratégie nationale de gouvernance de l’information. Elle préconise notamment une « veille cognitive renforcée », une meilleure coordination entre institutions et médias, ainsi qu’un vaste programme d’éducation aux médias destiné à renforcer le discernement du public. Aussi, le rapport invite les autorités à considérer l’information comme un levier de sécurité démocratique. Une nécessité, selon Peak Group, pour renforcer la résilience démocratique du pays à long terme.

Arh.

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