Un drame évitable

Un drame inimaginable pour une famille, un simple fait divers pour d’autres. Jeudi dernier à Behoririka, plusieurs personnes ont été témoins d’une scène difficile à vivre. Une mère, sa fille de six ans, un taxi-be qui arrive, une bousculade comme on en voit tous les jours… et puis ce qui ne devrait jamais arriver. L’enfant glisse, tombe, et la roue arrière du bus lui ôte la vie. La mère, paniquée, tente l’impossible pour l’amener à l’hôpital. Mais le destin en a décidé autrement.
C’est ainsi qu’un après-midi banal s’est transformé en journée de deuil. Une mère voulait simplement rentrer chez elle avec sa fille. Rien d’extraordinaire en apparence. Et pourtant, dans notre capitale, même attendre le bus peut devenir une épreuve. Car derrière cet accident, ce n’est pas tant la faute de quelqu’un que la preuve d’un système défaillant. Un système de transport urbain où chacun fait comme il peut, parfois comme il veut, mais rarement comme il se doit. Des véhicules usés, des chauffeurs dont les permis semblent parfois être délivrés par la chance, des aides-conducteurs qui crient à tout-va. Et surtout, des cas de non-respect du cahier des charges avec des trajets écourtés, des arrêts improvisés ou encore des sécurités reléguées au second plan.
Ces manquements, nous les connaissons tous. On en parle, on s’en indigne, on partage des vidéos sur Facebook, on commente, on accuse, on oublie et on recommence. Il suffit d’aller à un arrêt de bus durant les heures de pointe et en fin d’après-midi pour le voir. Les foules se pressent, se bousculent, se hissent… parce que personne ne sait quand passera le prochain véhicule, ni dans quel état il sera, ni s’il acceptera d’aller jusqu’au terminus. Cet accident doit en tout cas nous faire réfléchir. La question n’est pas de chercher un coupable mais d’admettre que nous vivons dans un système où le risque est partout. Un drame qui ne doit pas non plus devenir qu’un fait divers de plus. Il doit être un rappel. Doux ou brutal mais un rappel quand même et que la sécurité n’est pas un luxe mais un droit.

Rakoto

Partager sur: