Un monde de « fous »

D’aucuns ignorent que le pays s’est engagé dans la refondation de la République de Madagascar. Certaines personnes se sont trompées en assimilant la refondation à la réconciliation, notamment la réconciliation des partis politiques. Certains y croient dur comme fer d’où cette frénésie qui anime la multitude de partis.
D’ailleurs, on peut se demander si une réconciliation est possible entre les partis politiques ? En vérité, c’est un non-sens dans la mesure où l’objectif final de tout parti politique est de conquérir le pouvoir. C’est le but ultime de chaque parti politique, c’est sa raison d’être.
Toutefois, la con­quête du pouvoir n’est pas toujours aisée car il arrive que la concurrence soit ardue. Dans certains cas, il faut accepter de partager le pouvoir en établissant des alliances avec d’autres partis. Et c’est ce qui amène les analystes politiques à se lancer dans des spéculations les plus invraisemblables.
Certes, en matière politique, on assiste des fois à des alliances con­tre nature. Cela peut arriver quand deux grands partis politiques pro­fondément adversaires voient d’un mauvais œil l’arrivée d’un troi­sième larron qui peut remettre en question leur duel prévu.
Dans ce cas de figure, les deux rivaux traditionnels peuvent faire acte d’un certain rapprochement afin d’évincer l’intrus. De quelle ma­nière ? Il y a de nom­breux moyens pour ce faire. D’ailleurs, en politique, tous les coups sont permis. Et on ne fait que compter les abattis.
Mais ce type d’alliance n’a pour objet que d’écarter le trouble-fête afin de pouvoir conquérir le pouvoir. Autre­ment dit, c’est une alliance qui ne peut pas durer. A termes, elle est donc vouée à la disparition dans un délai plus ou moins long suivant plusieurs facteurs.
Entre autres, une fois débarrassée de l’intrus, chacun des deux partis concernés estime que désormais, il peut voler de ses propres ailes. Dans ce cas, on cherche toujours à écarter l’allié ponctuel du cercle de pouvoir par différents moyens.
L’une des parties peut également se sentir lésée par rapport à l’au­tre dans l’attribution des responsabilités au sein du pouvoir. Il se peut également que l’orientation donnée à la gestion des affaires de l’Etat ne fasse pas l’unanimité. De toutes les façons, gérer une alliance politique n’est pas simple pour tous ceux qui se décident à s’y engager.
C’est pour cette raison que l’on éprouve, bien trop souvent, toute la peine du monde pour comprendre les tenants et aboutissants de certaines décisions politiques. Et à force de chercher à comprendre ces décisions, on peut en devenir fou, à plus forte raison qu’à Madagascar, le mon­de de la politique est un monde de « fous ».

Ranaivo Lala Honoré

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