Cinq suspects dans l’affaire de décapitation du petit Celin, ont été placés sous mandat de dépôt. Cependant, la tête de cet enfant âgé de 11 ans, reste introuvable jusqu’ici. Celui du 11 février dans la soirée à Mampikony était le 89e cas d’enlèvement et le 28e cas de meurtre de personne atteinte d’albinisme ces trois dernières années à travers le pays.
L’affaire de décapitation du petit Marcelin alias Celin, survenue dans la soirée du 11 février à Betsingala Mampikony, reste non élucidée. Certes, cinq individus arrêtés par les éléments du commissariat de Sécurité publique (CSP) Mampikony, ont été placés sous mandat de dépôt à la maison carcérale de Maevatanàna et la maison centrale de Mampikony. Pour autant, la tête de l’enfant reste introuvable.
Le défèrement des quatre autres suspects, a eu lieu dimanche. Cette mesure visait à prévenir un éventuel déchaînement de la foule susceptible de provoquer une vindicte populaire. Ainsi, outre le dénommé Jacklin capturé la nuit-même des faits et jeté en prison le lendemain, (l’intéressé a été formellement reconnu par le beau-frère de la victime), un chef fokontany, deux membres de quartier mobile et un autre individu, sont actuellement derrière les barreaux dans cette affaire. Malgré tout, la police poursuit les recherches.
L’assassinat de Celin était un cas inédit à Mampikony, sinon dans cette partie de l’île. Les personnes atteintes d’albinisme y étaient épargnées jusque-là des enlèvements et meurtres. C’était également le premier cas cette année à travers le pays. Quoi qu’il en soit, des voix se sont élevées ces derniers temps pour dénoncer l’implication d’un élu local dans cette décapitation. Le concerné aurait un lien de parenté avec le chef fokontany mis en cause. Il aurait également demandé l’exécution de Jacklin au moment de la capture de ce dernier.
16 albinos enlevés dont trois assassinés en 2025
Le lendemain du meurtre de Celin, le président de l’association Albinos Madagascar, Fulgence Soja Ramiandrisoa, a regretté devant la presse la vulnérabilité des personnes atteintes d’albinisme à Madagascar. Il a demandé à cette occasion la réouverture d’une série de procès pour tirer au clair les affaires d’enlèvement et décapitation de ces groupes de personnes. «C’était le 89e cas d’enlèvement et le 28e cas de meurtre de personnes atteintes d’albinisme ces trois dernières années à travers le pays», a-t-il regretté.
Rien qu’en 2025, 16 cas d’enlèvement d’albinos ont été recensés à Madagascar dont trois ont été tués par leurs ravisseurs. «Certains individus condamnés dans ces affaires ont déjà recouvré la liberté. Nous exhortons le ministère de la Population et des solidarités de mettre en place un plan national destiné à protéger les personnes atteintes d’albinisme», a indiqué Fulgence Soja Ramiandrisoa.
LR




