Entre l’Union européenne et Madagascar, les relations bilatérales et de confiance mutuelle, restent au beau fixe, ouvrant même la voie aux partenariats durables dans plusieurs secteurs clés. Comme c’était le cas hier au palais d’Etat à Mahazoarivo où le ministre de l’Economie et des Finances, Dr Herinjatovo Ramiarison et l’ambassadeur de l’Union européenne, Roland Kobia, ont signé trois conventions de financement d’un montant de 370 milliards d’ariary, non remboursables, en présence du premier ministre, Herintsalama Rajaonarivelo.
Contrairement à l’Union africaine (UA) qui maintient une position inflexible vis-à-vis de Madagascar, l’Union européenne (UE) adopte une politique d’ouverture économique et de développement, témoignant de sa confiance envers le régime en place.
Dans ce contexte, elle a débloqué des fonds à hauteur de 370 milliards de d’ariary, non remboursable, pour soutenir la compétitivité économique, dans le cadre du programme d’appui au commerce pour une transformation économique (Acte), l’amélioration de l’accès à l’eau à travers le Projet Eau et Assainissement à Toamasina (PEAT) et pour la protection de l’environnement, par le biais du Programme d’Appui au Développement Intégré en Périphérie des Aires Protégées (PADIPAP)
Stimuler les exportations et l’emploi
D’un montant de 90 milliards d’ariary, le Programme d’appui au commerce pour une transformation économique (ACTE), prévu sur cinq ans, vise à renforcer la compétitivité des entreprises malgaches sur les marchés internationaux.
Le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo affirme qu’« en renforçant les capacités de Micro, Petites et Moyennes Entreprises, notamment celles dirigées par des femmes et des jeunes, ACTE sera un moteur puissant de création d’emplois ». Il précise que le programme facilitera « l’accès à des financements innovants » et offrira « un accompagnement technique ciblé en gestion, export et marketing ».
Pour sa part, le ministre de l’Économie, Dr Herinjatovo Ramiarison, met l’accent sur le changement de modèle économique. « Madagascar souffre d’une dépendance excessive aux exportations de matières premières brutes à faible valeur ajoutée », déclare-t-il.
Il met en avant trois leviers, « La conformité aux normes internationales, la réduction des coûts de transaction et l’intelligence commerciale ». Et d’ajouter que « La bureaucratie est une taxe invisible. Chaque heure gagnée au port ou à la douane est un point de compétitivité gagné ».
Sécuriser l’eau à Toamasina
Autre programme financé par l’UA, le Projet Eau et Assainissement à Toamasina (PEAT), doté de 125 milliards d’ariary, vise à améliorer la production et la distribution d’eau potable. Il renforcera aussi les infrastructures sanitaires et l’appui à la Jirama. A noter que ce projet ne constitue pas une réponse d’urgence à la situation actuelle à Toamasina. Il cadre dans une démarche engagée depuis plusieurs mois et a été conçu pour s’inscrire dans la durée. Il vise des résultats structurels plutôt qu’une solution ponctuelle.
« Toamasina est notre poumon économique. Une ville portuaire n’ayant pas accès fiable à l’eau, est une aberration productive », souligne le ministre. Il rappelle que l’investissement dans l’eau renforce la santé publique et l’attractivité économique.
Créer des emplois verts
Le Programme d’Appui au Développement Intégré en Périphérie des Aires Protégées (PADIPAP) mobilise 145 milliards d’ariary. Il soutient l’agroécologie, le reboisement et l’écotourisme, tout en favorisant des revenus alternatifs pour les communautés locales.
Roland Kobia résume l’enjeu : « La protection de la nature ne doit plus être une charge budgétaire, mais un investissement dans l’économie verte ». Il a ajouté que « la forêt vivante doit rapporter plus que la forêt coupée ». Et le ministre a conclu que « Nous passons d’une logique de moyens à une logique de résultats. L’argent public exige une rigueur totale et une transparence absolue ».
Arh.




