Cyclone et surpopulation carcérale : une équation explosive dans les prisons

Le passage du cyclone Gezani dans la région Atsinanana, a laissé des traces profondes dans la ville de Toamasina. Outre les habitations et les infrastructures publiques, les établissements judiciaires et pénitentiaires ont également été touchés. Derrière les murs fissurés et les toitures arrachées se dessine une réalité plus silencieuse, celle des détenus et du personnel pénitentiaire confrontés à l’urgence.

Les vents violents et les pluies torrentielles ont eu raison de plusieurs infrastructures du ministère de la Justice, dont les prisons, notamment celle d’Am­­balatavoahangy. Les Toitures arrachées et les coupures de courant prolongées aggravent la situation dans un établissement déjà marqué par la promiscuité. Dans les établissements pénitentiaires malgaches, souvent confrontés à la surpopulation et à des infrastructures vieillissantes, une catastrophe naturelle peut effectivement transformer une situation précaire en crise humanitaire.
A part l’inconfort, les problèmes de sécurité, de surveillance et de gestion des détenus compliquent également la tâche du personnel pénitentiaire. Car l’obscurité, l’humidité et la détérioration des installations peuvent rapidement créer un climat de tension, tant pour les personnes incarcérées que pour les agents chargés de leur encadrement.
Face à la situation, la ministre de la Justice Fani­risoa Ernaivo s’est rendue à Toamasina avant-hier, afin de superviser la mise en œuvre d’un appui matériel destiné aux infrastructures judiciaires et pénitentiaires endommagées. Le ministère a effectivement acheminé 120 tôles de 3 mètres, 20 tôles de 4 mètres, 80 pannes, pour réhabiliter les toitures, 37 lampadaires ainsi que des médicaments.
L’objectif est de protéger les détenus des intempéries, rétablir l’éclairage pour sécuriser les lieux et assurer l’accès aux soins de première nécessité. Le parquet a également bénéficié d’un groupe électrogène de 50 KVA pour qu’il puisse reprendre ses activités et garantir la continuité du service public de la justice.
Souvent oubliés dans les bilans officiels, les agents pénitentiaires et le personnel administratif ont dû assurer la continuité de la sécurité dans des conditions difficiles. Maintenir l’ordre, prévenir les incidents et gérer les urgences matérielles requièrent une importante mobilisation dans un contexte déjà tendu.

Tivo Rasam

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