Après une menace de suspension au début du mois de janvier, en raison d’un manque de consommables lié au blocage des comptes du groupe Sodiat, les médecins ainsi que le personnel de la Polyclinique d’Ilafy sont entrés en grève afin d’annoncer la suspension des séances de dialyse depuis hier à cause du non-paiement de leurs salaires depuis le mois de janvier.
Face à cette interruption, 156 fonctionnaires en service ou retraités, victimes directes de cette situation, s’inquiètent de leur sort. En effet, les séances de dialyse pour les patients atteints d’insuffisance rénale ne doivent jamais être interrompues car dans le cas contraire, leur vie est en danger de mort. « Des démarches ont été déjà entreprises auprès des autorités compétentes, notamment la Primature et le ministère de la Santé publique, mais ces instances ont affirmé ne pas être au courant de cette situation », a déploré sur une station privée le président de l’association des patients dialysés, affirmant qu’ils sont ainsi aux côtés des grévistes.
300.000 à 400.000 ariary par séance
Si la dialyse est à la charge du patient, son coût varie entre 300.000 ariary et 400.000 ariary pour une séance de 3 à 5 heures auprès du secteur privé. Comme la fréquence type est de deux à trois fois par semaine, la dialyse constitue une charge financière lourde pour les patients atteints d’insuffisance rénale, s’agissant d’un traitement à vie dans la majorité des cas.
Quant à la transplantation rénale, elle ne peut s’effectuer jusqu’ici qu’à l’étranger. Selon une source au sein du service de la réanimation néphrologique de l’HJRA Ampefiloha, il faut au moins 400.000 dollars pour la transplantation, soit environ 1,74 milliard d’ariary.
Les pratiquants de la dialyse sont en premier lieu des diabétiques, à hauteur de 50%, suivis par les hypertendus, les malades atteints de calculs rénaux ainsi que d’albuminurie, dont les causes sont multiples, notamment l’effet toxique de certains médicaments.
Sera R.




