Le verdict est tombé hier matin au Tribunal de première instance d’Anosy dans l’affaire du Colisée, également appelé Kianja Masoandro. La justice a ordonné la démolition de la structure et le rétablissement du nom d’origine de l’enceinte royale en Rovan’Antananarivo, ainsi que l’enlèvement
d’autres éléments jugés sans lien avec l’histoire de ce site classé sacré.
Cette décision clôt une longue controverse opposant d’une part, l’association des défenseurs du patrimoine, des descendants royaux et des citoyens lambda et d’autre part de l’Etat malgache. Les plaignants estiment que cet amphithéâtre, construit en forme de Colisée romain à l’initiative de l’ancien président Andry Rajoelina, porte atteinte aux valeurs sacrées de l’Anatirova et de l’Imerina, tout en compromettant la valeur historique et patrimoniale du site.
« La démolition doit se faire dans les plus brefs délais et sera à la charge de l’Etat malgache, partie poursuivie. L’Etat est représenté par la Direction de la législation et du contentieux (DLC), qui a donné procuration au ministère de la Communication et de la culture pour
suivre le dossier », explique Hasina Razafindrakoto, descendant du roi Andrianjaka et membre de la partie plaignante.
Pour les défenseurs du patrimoine, le Kianja Masoandro a entravé un processus engagé depuis plusieurs années concernant l’inscription de la Haute-Ville au patrimoine culturel immatériel de l’Humanité.
De son côté, le ministre de la Communication et de la culture, Gascar Fenosoa a précisé que « La démolition de cette grande structure en béton devra respecter les normes techniques pour préserver l’intégrité des autres édifices environnants ».
Ndriana Rabarioelina, descendant de la famille royale, rappelle l’importance de ce joyau de l’Imerina. « La terre, la langue et l’histoire font la nation. Le Rova est un lieu sacré où seul un souverain peut ériger des constructions. Toute structure non réalisée par un roi doit être démolie ».
Rakoto




