Corentin Martins: le rétropédalage de la continuité

Dans le ballet incessant des tractations sur le marché des sélectionneurs en Afrique, où les noms circulent plus vite que les rumeurs sur les réseaux, Corentin Martins semble avoir choisi la stabilité plutôt que l’aventure.

Le technicien français, qui avait laissé planer le doute ces dernières semaines en laissant son nom associer à plusieurs postes vacants, s’apprête à prolonger son contrat à la tête des Barea de Mada­gascar. Le marché est encore ouvert, les opportunités ne manquent pas, mais face à une concurrence féroce et des projets parfois plus alléchants sur le papier, Martins a préféré faire machine arrière et recentrer ses ambitions sur Madagascar.
Des discussions avancées, des voyages discrets, des échanges qui laissaient penser que le Breton allait tourner la page malgache après une campagne éliminatoire décevante pour la Can 2025.
Pourtant, le vent a tourné. Les portes se sont refermées ailleurs, les promesses ne se sont pas concrétisées, et Corentin Martins, pragmatique, a remis le cap sur la Grande Île. Sa présence actuelle dans la capitale malgache n’a rien d’anodin : elle signe la reprise d’un dialogue constructif avec la partie malagasy, après une période de flottement.
Cette prolongation, qui ne devrait plus être qu’une formalité, s’inscrit dans une logique de continuité. Les Barea, malgré leurs limites évidentes, ont besoin de stabilité pour progresser. Mar­tins connaît la maison, il connaît les joueurs, il connaît les contraintes d’un football national encore en construction. Changer de cap maintenant, alors que les éliminatoires de la Can 2027 se profilent déjà à l’horizon, aurait été un pari risqué.
Le Français, même s’il a un temps regardé ailleurs, reste l’homme de la situation pour beaucoup : il a déjà posé les bases d’un projet, identifié les profils prometteurs, et compris les spécificités d’une sélection où le talent brut doit être canalisé avec patience.

Can 2027
La mission qui l’attend ou plutôt qui l’attendra une fois la signature apposée, est claire et lourde : qualifier Madagascar pour la Can 2027, après l’échec cuisant des dernières éliminatoires. Un rendez-vous manqué qui a laissé des traces, tant dans le vestiaire que dans l’opinion.
Mais au final, ce rétropédalage de Corentin Martins, s’il peut paraître comme un repli forcé, pourrait bien être le meilleur choix pour les Barea. La continuité, dans le football africain, reste souvent la clé quand les moyens sont limités et les ambitions élevées.

Naisa

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