Difficultés d’accès à l’eau potable: une violence silencieuse impactant directement les femmes

Afin de mobiliser tous les acteurs intervenant dans l’accès à l’eau potable à Madagascar et de trouver des solutions durables, le mouvement féministe « Nifin’Akanga » a effectué, depuis le mois de novembre dernier, une étude par approche genre ou socio-genre auprès des 192 fokontany des six arrondissements de la Commune urbaine d’Antananarivo. En effet, bien que la collecte soit une responsabilité familiale, 51% sont effectuées par des femmes et 17% par des filles. L’objectif de l’étude est donc de mettre en lumière toutes les difficultés rencontrées pour l’accès à cette ressource essentielle de la vie, notamment par le genre.

Lors d’une restitution préliminaire de la première conclusion de cette étude, hier au Centell Hotel Antanimena, « Les difficultés d’accès à l’eau constituent une véritable violence silencieuse, impactant directement la santé, la sécurité et les revenus des femmes, en particulier celles issues de groupes vulnérables ». Sur ce, 44% des femmes parcourent plus de 100 m par jour pour la collecte d’eau potable, et 55% se consacrent plus d’une fois par jour à cette tâche.
Une fatigue physique est ainsi le premier impact, tout en entrainant une perte de temps consacré aux activités productrices au sein de leurs ménages. Quant aux risques et insécurités liés à la collecte, on peut citer les vols de bidon, les conflits liés à la file d’attente, les agressions et harcèlements sexuels dont les moments les plus dangereux se situent entre 22h et 2h. Des situations où 57% des femmes concernées affirment observer une baisse de revenu familial au sein de leurs foyers, en particulier celles qui exercent des activités indépendantes comme les lavandières et gargotières.
A noter qu’avant cette restitution, une réunion multi-acteurs a permis de consolider des recommandations des autorités locales, des représentants des fokontany, des organisations de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers. Parmi ces recommandations, on peut citer la multiplication des points d’eau de proximité, l’amélioration de l’éclairage, l’accessibilité et les horaires d’accès aux points d’eau ainsi que de soutenir les Activités génératrices de revenus (AGR) féminines dépendantes de l’eau.
«Cette restitution marque une étape stratégique vers la mise en œuvre d’actions coordonnées pour améliorer l’accès équitable à l’eau», a conclu Mbolatiana Raveloarimisa, la cofondatrice de Nifin’ Akanga.

Sera R.

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