La Fédération des syndicats de Madagascar (Fisema) tire la sonnette d’alarme à l’occasion de la Journée mondiale de la justice sociale, célébrée le 20 février. Placée cette année sous le thème « Renforcer une transition juste pour un avenir durable », la célébration dans la Grande île résonne fortement dans un contexte marqué par des inégalités persistantes sur le marché du travail. « A Madagascar, l’accès à un travail décent et équitable demeure un défi majeur », regrette ce consortium de syndicats des travailleurs.
Selon l’Organisation internationale du Travail (OIT), le travail décent repose sur quatre piliers fondamentaux : la création d’emplois productifs, le respect des droits au travail, l’extension de la protection sociale et le renforcement du dialogue social. A Madagascar, ces principes restent largement à concrétiser. Le chômage touche particulièrement les jeunes, notamment en milieu rural, où il est estimé à 42%. A cela s’ajoutent la persistance du travail des enfants et le poids dominant du secteur informel, qui prive de nombreux travailleurs de protection et de droits fondamentaux.
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Malgré l’adoption d’un nouveau Code du travail en 2024 et le renforcement de la coopération avec l’OIT, la Fisema insiste sur la nécessité de passer des engagements aux résultats concrets. Le syndicat appelle les autorités à créer un environnement favorable à l’emploi décent, à faire respecter la législation du travail et à étendre la protection sociale. Elle exhorte également les entreprises à garantir des conditions de travail dignes et des salaires équitables.
Le directeur du Bureau de Pays de l’OIT pour Madagascar, les Comores, Maurice et les Seychelles, Frederick Muia, rappelle que « La justice sociale, c’est garantir à chacun dignité, protection et accès aux opportunités ». Il souligne que le renforcement de la protection sociale et l’inclusion des personnes en situation de handicap constituent des leviers essentiels pour bâtir un monde du travail plus sûr et respectueux.
De son côté, la ministre du Travail, de l’Emploi et de la fonction publique, Florent Soatiana Bety Léonne, réaffirme l’engagement de l’Etat à poursuivre les réformes pour un marché du travail plus inclusif et résilient. Elle insiste sur le fait que la justice sociale se construit au quotidien grâce à des politiques publiques responsables, un dialogue social renforcé et l’implication de l’ensemble des acteurs.
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