Des assises par ici, d’autres par là. Depuis quelques mois, les rencontres sectorielles se multiplient, portées par la vague de la réfondation. Police, armée, gendarmerie, tourisme, chacun y va de son rendez-vous, de ses diagnostics et de ses résolutions. Mais derrière cette effervescence, une question persiste : à quoi tout cela va-t-il vraiment servir ? Difficile de
ne pas comprendre les doutes qui traversent l’opinion car à chaque période de transition, les consultations foisonnent… et, trop souvent, leurs conclusions terminent au fond d’un tiroir.
Ce scepticisme n’a rien d’un défaitisme, c’est tout à fait légitime. Et il traduit surtout une fatigue citoyenne face à un rituel devenu familier. Les assises se succèdent mais les pratiques changent rarement. Pour de nombreux observateurs, ces rencontres semblent même parfois servir davantage à légitimer une période de flou qu’à apporter des réponses concrètes.
Pourtant, le discours entendu à l’ouverture des Assises nationales de la police, hier, au Centre de conférences international (CCI), tente de rappeler un autre cap, notamment sur le changement de mentalité. D’autnt que les mots d’ordre ont été clairs, à savoir l’exemplarité, le professionnalisme et la proximité avec la population. « La population attend des changements profonds », a d’ailleurs déclaré le Chef de l’Etat. C’est un discours entendu mais qui exige désormais des actes.
Le même ton a résonné lors des Assises nationales pour la refondation du tourisme, toujours avec de vastes ambitions. L’armée aussi avait lancé ses assises pour moderniser ses structures, corriger les dysfonctionnements et réaffirmer ses valeurs fondamentales. Tout comme la Gendarmerie nationale qui avait alors réuni ses responsables pour tenter de restaurer la confiance d’une population ébranlée par des abus. En gros, ces derniers temps, on assiste presque à un exercice d’autoflagellation où chaque institution reconnaît ses dérives, expose ses failles et promet de repartir sur de nouvelles bases.
Reste à voir si cette lucidité débouchera réellement sur des actes
car au fond, ces assises marquent peut-être un tournant. Peut-être aussi reproduisent-elles un schéma connu. Tout dépendra de ce qui suivra. Car le pays n’a plus besoin de grands discours, il a besoin de preuves.
Si la refondation veut être plus qu’un slogan, elle devra se mesurer non au nombre de rencontres organisées mais aux changements visibles dans le quotidien des malgaches. Les assises posent les questions. Seule l’action apportera les réponses.
Rakoto




