Indépendance énergétique

Chaque mois, à la même période, les usagers se posent toujours la même question : Les prix à la pompe vont ils monter ou descendre ? C’est la question mensuelle incontournab­le en ce qui concerne les prix des produits pétroliers. C’est le triste sort réservé aux pays qui ne produisent pas sur place du pétrole.

Le conflit actuel au Moyen-Orient donne l’occasion de se pencher sur la question. En effet, même si les prix baissent aujourd’hui comme attendu, on ne sait pas ce qu’il en sera le mois prochain et les mois suivants. Il est fort à craindre et plus probable que les prix vont monter compte tenu du contexte.

En effet, les prix appliqués aujourd’hui se basent sur le prix du pétrole sur le marché mondial d’il y a quel­ques mois, c’est-à-dire quand la situation n’était pas encore tendue au Moyen-Orient, comme aujourd’hui. Ce qui ne sera certainement pas le cas dans les mois à venir.

Si ce conflit s’éternise – ce qui n’est pas à écarter -, il se pourrait que les prix enregistrent des records avec le blocage total du détroit d’Or­muz. Ainsi, le pays éprouve une forte dépendance vis-à-vis des importations de produits pétrolier dont les fluctuations sont redevables du con­texte international existant.

Pourtant, Madagas­car aurait pu ne pas se trouver dans cette situation de dépendance totale. Non seulement on avait une raffinerie sur place qui fonctionnait. Mais on ne sait pour quelles raisons, elle a été délaissée. Les installations ne servent plus que comme dépôt.

Quant à la matière, c’est ce qui ne manque pas. La première source qui vient tout de suite à l’esprit est l’huile lourde de Tsimiroro. On pourrait bien l’exploiter pour produire du gasoil et de l’essence et autres dérivées tout aussi bien utiles les unes que les autres.

Et on peut bien croire qu’il existe dans le pays des compétences techniques et technologiques capables de mettre sur pied ce projet. En ce qui concerne les investissements, on pourra toujours les trouver en cherchant bien. On a bien trouvé des investissements pour des projets qui ne sont d’aucune utilité (téléphérique, … ).

Faute d’investissements propres et de compétences humaines, on peut toujours compter sur un partenariat avec une de grandes compagnies pétrolières internationales. Il y en aura toujours qui sera intéressé et plus particulièrement, en cette période d’incertitude.

Et l’exploitation du charbon de la Sakoa fournira une production énergétique complémentaire non négligeable qui devrait permettre de ne pas dépendre des importations C’est le moment ou jamais de se lancer, comme le souhaite la grande majorité des Malgaches, dans une in­dépendance énergétique.

Ranaivo Lala Honoré

Partager sur: