L’inquiétude grandit chez les cultivateurs d’orge dans les régions Matsiatra Ambony et Amoron’i Mania, face à la baisse de la demande des entreprises brassicoles qui engendre également une baisse des prix, les contraignant à réduire les surfaces cultivées. Et cette situation est due en grande partie à la hausse de la taxe sur la bière.
Après une année 2025 exceptionnelle où le volume de production a atteint 11.300 à la grande satisfaction des cultivateurs dans les régions de Vakinankaratra, Amoron’i Mania et Matsiatra Ambony, 2026 s’annonce morose. L’impact de l’augmentation de taxe sur la bière se fait sentir, notamment les droits d’accise, plus de 293% en cinq ans.
Selon les producteurs, la superficie consacrée à l’orge a diminué presque de moitié cette année. Elle passe de 1.200 hectares auparavant à 850 hectares en 2026, pour la simple raison que les entreprises brassicoles réduisent leur demande.
Et pour la première fois depuis sept ans, après plusieurs années de hausse, le prix d’achat de l’orge auprès des agriculteurs, connaît une baisse, passant de 1.750 ariary en 2025 à 1.700 ariary cette année.
Pourtant, ces dernières années, le prix a été en perpétuelle augmentation : 880 ariary en 2020, 910 ariary en 2021, 1.040 ariary en 2022, 1.200 ariary en 2023 et 1.700 ariary en 2024.
Pour les exploitants agricoles, cette conjoncture menace directement leur activité et existence. Une mère de famille explique que la culture de l’orge constitue une source de revenus stables pour des ménages.
« Grâce aux revenus tirés de l’orge, nous pouvions payer la scolarité de nos enfants et même envoyer certains à l’université », confie-t-elle. « Si les revenus diminuent, c’est toute la famille qui en souffre ».
Taxe sur la bière, triplée
Dans la commune d’Ambovombe Centre, dans le district de Manandriana (région Amoron’i Mania), les responsables locaux redoutent également la fin de la collaboration avec la société Malto, partenaire clé de la filière. Alors que « cette coopération nous a permis de réaliser plusieurs infrastructures », souligne un responsable communal. « Des écoles ont été rénovées et des barrages ont été construits pour faciliter
l’irrigation des cultures ».
D’après les acteurs du secteur, la situation est liée à la hausse de taxe sur la bière qui a triplé en cinq ans, passant de 290 ariary par litre en 2020 à 850 ariary aujourd’ hui. Et les entreprises brassicoles n’ont d’autre choix que revoir à la hausse le prix de la bière, « trop élevé pour les consommateurs ». Et quand la consommation diminue, la production de bière suit la tendance avec comme conséquence la baisse de la demande en orge.
Face à cette crise naissante, les cultivateurs lancent un appel aux autorités. Ils demandent au gouvernement d’examiner de près la situation de la filière. « L’orge fait vivre de nombreuses familles et contribue au développement local », rappellent-ils. « Nous avons besoin d’un soutien pour préserver cette activité essentielle ».
Arh.




