Un diagnostic sévère

Pas besoin de sondage, pour savoir ce que les citoyens pensent des politiciens à Madagascar, à l’aube de la Ve République. Le faible taux d’abstention, sans cesse en recul, à chaque élection organisée, coule déjà de sens. C’est un indicateur fiable du climat de l’opinion publique qui manifeste une forte défiance envers les politiciens démagogues et fanfarons qui ne rêvent que d’une chose, faire carrière en politique et d’en faire leur métier, pour servir leur propre intérêt et « remplir leur poche ».
D’ailleurs les politiciens eux-mêmes, à l’image des membres du groupe Panorama, dressant un diagnostic sévère sur la pratique politique dans les pays, n’ont pas dit le contraire. Sans détour, la majorité des politiciens champions du retournement de veste, devenus dirigeants n’ont pas pleinement rempli leur rôle. La politique n’est qu’un moyen pour gravir les échelons, obtenir un poste, pour s’enrichir…le plus longtemps possible. Le groupe dénonce des abus sous toutes ses formes et des mauvaises utilisations des ressources de l’État, qu’il s’agisse des moyens financiers, des dispositions légales ou encore des nominations à certains postes.
Et à les entendre, si la pratique politique à Madagascar laisse à désirer, c’est à cause de l’Etat et des dirigeants successifs qui n’ont pas accordé suffisamment d’importance aux partis politiques. C’était encore le cas durant le dernier régime.
C’est pourquoi, le paysage politique est fragmenté, alors que Madagascar compte plus de 300 partis politiques. Peu d’entre eux disposent de branches dans l’ensemble des 24 régions du pays. Beaucoup manquent de structures solides, de membres ou de ressources financières. Seuls les grands partis arrivent à tenir régulièrement des congrès et assemblées générales. La politique et sa pratique ont aussi besoin d’une profonde refondation.

Rakoto 

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