Auditionnés hier au niveau du Pôle anti-corruption (Pac), les trois individus arrêtés pour trafic de 167 tortues à Toliara, le 3 mars, ont tous été jetés en prison. Deux d’entre eux ont été placés sous mandat de dépôt à la maison de force de Tsiafahy et le troisième qui jouait le rôle de traducteur, à la maison centrale d’Antanimora. Entretemps, cinq personnes ont également été capturées, dans la nuit de samedi à Nosy Be pour tentative d’exportation illicite de 280 tortues.
Les trois présumés trafiquants de tortues, capturés à Toliara le 3 mars, attendent leur procès en prison. «Même si le troisième suspect n’était pas directement impliqué, étant simplement traducteur, il est poursuivi pour complicité», a expliqué une source auprès du ministère de l’Environnement et du développement durable (Medd), jointe au téléphone, hier. Le concerné a alors été placé sous mandat de dépôt à la maison centrale d’Antanimora alors que les deux présumé principaux auteurs ont été écroués à la maison de force de Tsiafahy. Telle était la décision du Pac aux 67 Ha, à l’issue de l’audience depuis hier matin jusqu’à hier soir.
Pour rappel, le Directeur de l’unité de lutte contre la corruption (DULC) au niveau du Medd a reçu un soi-transmis émanant du Pac pour se rendre à Toliara conduire l’opération, après l’obtention de renseignements sur le trafic de tortues sur place. Les agents de la direction régionale de l’Environnement du développent durable, épaulés par les éléments de l’Unité d’intervention rapide de la police de Toliara, ont capturé le trio, grâce notamment à la collaboration de Wildlife Justice Commission. Sitôt arrêtés avec les 167 bébés tortues, les trois hommes ont été amenés à la capitale pour la poursuite des investigations.
Pendant que les trois présumés trafiquants arrêtés à Toliara attendaient leur sort, une autre tentative de trafic de tortues a été mise à nu dans la nuit de samedi à dimanche, vers 1h à Dzamandzar Nosy Be Hell-Ville. Cette fois-ci, la gendarmerie de Nosy Be a réalisé la quintuple prise et la découverte de 280 bébés tortues. Les reptiles ont été retenus dans une propriété privée ressemblant à une forteresse. Ils se sont éparpillés partout tels dans un parc et étaient nourris avec des végétations.
La côte ouest malgache, propice aux trafics…
«Personne n’est venu à ce domicile tout au long de la journée. Des gendarmes en tenue civile ont alors dû faire le guet jusqu’à la tombée de la nuit. Un individu s’est effectivement rendu sur place et les forces de l’ordre en ont profité pour s’y introduire», a-t-on expliqué. Parmi les cinq suspects arrêtés dans cette affaire, le propriétaire des lieux a indiqué qu’il les utilisait comme dépotoir. Un autre individu désigné comme le transporteur des reptiles fait également partie des suspects actuellement auditionnés. Le cantonnement de Nosy Be et la gendarmerie collaborent dans les investigations afin de mettre la main sur toutes les personnes impliquées dans ce trafic.
Les trafiquants de tortues ne reculent visiblement devant rien, malgré la série d’arrestations. Encore faut-il rappeler que la gendarmerie de Nosy Be a déjoué une tentative d’émigration clandestine vers les Comores, dans la nuit du 7 novembre 2025. A cette occasion, ces éléments ont arrêté onze migrants clandestins dont trois enfants, avec notamment 312 bébés tortues. Et, pas plus tard que le 12 février dernier, la Dredd et la DRSP Menabe ont également saisi à Belo-sur-Mer, 646 tortues dont 16 sont mortes. Cinq individus ont été arrêtés et jetés en prison à l’issue de leur défèrement au parquet du tribunal de première instance de Morondava.
Force est de constater que la côte ouest malgache, depuis Toliara jusqu’à Nosy Be, constitue une zone privilégiée des trafiquants de tortues. Les gendarmes ont cessé de déjouer des tentatives de trafic dans la capitale ces derniers temps, mais cela ne signifie pas que les malfrats ont abandonné cet itinéraire. La vigilance est toujours de mise et la collaboration de tous, fortement recommandée. Le numéro vert 955 est toujours disponible pour tout signalement.
LR




