La lutte contre la corruption et la prévention de la « capture de l’Etat » ont été au cœur d’une coopération internationale entre Madagascar et le Royaume-Uni, lors d’une conférence publique organisée le 10 mars par Transparency International – Initiative Madagascar (TI-MG) ayant rassemblé près de 200 participants issus des institutions publiques, des partis politiques, de la société civile et du mouvement Gen Z.
L’événement, soutenu par UK in Madagascar et organisé en collaboration avec l’University of Sussex, a permis d’ouvrir un débat sur les risques de capture de l’Etat, une situation dans laquelle des intérêts privés influencent ou contrôlent les institutions publiques à leur profit.
Lors de la conférence, plusieurs intervenants ont présenté des exemples internationaux illustrant les conséquences de la capture de l’Etat. Ce phénomène peut conduire à un affaiblissement des institutions démocratiques, à un ralentissement du développement économique et à une aggravation de la pauvreté.
Les discussions ont également mis en avant les conditions nécessaires pour prévenir ces dérives : élections libres et équitables, liberté d’expression, transparence des institutions et lutte efficace contre la corruption.
Ambition internationale
La veille de la conférence, le 9 mars, l’ancienne ministre de la Justice Fanirisoa Ernaivo a présidé une réunion de travail au ministère avec des experts internationaux mandatés par les autorités britanniques. Cette rencontre a permis d’échanger sur les expériences et les outils juridiques développés dans différents pays pour combattre la corruption systémique et protéger les institutions publiques. Cette coopération vise à partager les bonnes pratiques internationales et à soutenir les réformes engagées dans le cadre de l’actuel processus de refondation du pays.
La question de la capture de l’Etat dépasse aujourd’hui le cadre national. En décembre 2025, lors de la 24ᵉ session de l’Assemblée des Etats parties au Statut de Rome à La Haye, l’ancienne ministre malgache de la Justice a plaidé pour que ce concept soit reconnu juridiquement au niveau international.
Fanirisoa Ernaivo propose en effet d’inscrire la capture de l’Etat dans le Statut de Rome afin qu’elle puisse être traitée par la Cour pénale internationale au même titre que certains crimes internationaux majeurs. Si cette proposition reste encore au stade du débat, elle témoigne de la volonté de Madagascar de contribuer aux discussions internationales sur les nouvelles formes de corruption systémique.
Tivo Rasam




