Tennis de table: 5e mandat successif pour Jean Herley Ambinitsoarivelo

Jean Herley Ambinitsoarivelo a une nouvelle fois bloqué le filet. Réélu avant-hier à la présidence de la Fédération malgache de tennis de table (FMTT) lors de l’Assemblée générale élective au Palais des Sports et de la Culture de Mahamasina, ce dirigeant indéboulonnable s’embarque pour un cinquième mandat de quatre ans. Une longévité qui ressemble à un service flottant qui n’en finit pas, usant les nerfs et les raquettes des observateurs, tout en exposant les fissures d’un règne sans partage qui frise l’autocratie pongiste, marqué par des hauts sporadiques mais plombé par des bas structurels persistants.

Ambinitsoarivelo, ce vétéran des tables qui a troqué la pala pour le sceptre fédéral, n’est pas à son premier slice défensif. Elu par ovation des ligues régionales présentes, Anala­manga, Vakinanka­ratra, Am­o­­ron’i Mania, Haute Matsiatra, Atsinanana et Alaotra Mangoro, sans l’ombre d’une véritable opposition, il perpétue une emprise qui sent le monopole collant comme un topspin mal contrôlé. Son bilan sur cinq mandats successifs dresse un panorama en demi-teinte : l’accueil d’une compétition africaine de l’Est a bien mis un coup de projecteur continental, mais sans véritable rebond durable sur le terrain local. La qualification olympique de Fabio Rakotoari­manana reste un smash isolé dans un désert d’infrastructures, tandis que les qualifications aux Mondiaux en doublette, puis par équipe cette année, paraissent plus des coups de chance que des fruits d’une stratégie affûtée comme une lame de raquette. Ces accomplissements, louables en surface, masquent mal un développement en pointillé, où les pongistes malgaches peinent à passer de la défense passive à l’attaque franche, faute de bases solides.

Promesses osées
Dans son allocution post-élection, le président réélu a tenté de lifter la balle en évoquant les freins qui grippent la machine. «Le déficit en infrastructures reste un frein majeur», a-t-il concédé, dé­peig­nant un paysage où les salles dignes de ce nom se font aussi rares qu’un perfect game en tournoi amateur. Pour contrer ce handicap chronique, il a esquissé des projets structurants aux relents d’exotisme : la construction d’un gymnase couvert à Nosy Be Hell-Ville, en partenariat avec l’Arabie saoudite, voué au tennis de table, au badminton et au padel, ce cousin branché qui vole la vedette. Un chantier parallèle avec la fédération du Qatar pointe vers 2027, mais ces promesses, suspendues aux caprices des bailleurs étrangers, risquent de rester des effets d’annonce, comme tant d’autres balles mortes au filet. Les critiques en coulisses murmurent que ces initiatives cosmétiques ne font que maquiller un retard abyssal, sans attaquer le cœur du problème : un manque criant de vision à long terme.

Naisa

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