A ses risques et périls

Il est d’usage que chaque gouvernement qui part dresse le bi­lan de ses réalisations pour voir si les résultats obtenus ont été probants ou non. Il faut se dire que ce n’est plus la priorité du moment car cela fait déjà partie du passé. Ce qui importe aujourd’hui, c’est de savoir ce qui attend le prochain Premier minis­tre, qui qu’il soit.

Effectivement, le prochain locataire de Mahazoarivo doit être pleinement conscient qu’il doit faire face à de nombreux défis en acceptant ce poste con­voité par de nombreuses personnes. Il ne s’agit pas pour lui d’aller dans l’aventurisme car cela aurait des con­séquences désastreuses non seulement pour lui mais pour tout le pays.
Parmi les nombreux problèmes qui se dressent devant lui, ceux à caractère économiques sont primordiaux. La résolution des problèmes d’eau et d’électricité qui, rappelons-le, ont fait tomber le précédent régime, doivent être résolus le plus vite possible. Ce qui n’est pas garanti eu égard de la complexité du problème. Mais à lui de trouver la solution.

Par ailleurs, la nouvelle équipe gouvernementale qu’il aura à con­­duire aura fort à faire pour la reconstruction du Grand port après le passage du cyclone tropical Gezani. Les aides obtenues (aussi bien nationales qu’internatio­nales) sont très im­por­tantes. Mais elles sont encore loin de suf­fire vue la grandeur des dégâts. Il faudra alors trouver d’autres ressources.
L’un des problèmes majeurs auxquels il faut s’attendre est lié à un probable choc pétrolier suite au conflit au Moyen- Orient. Pour un pays comme Madagascar qui importe la totalité des produits pétroliers qu’il utilise, la continuité de l’approvisionnement est vitale. Dans le cas con­traire, il faudra trou­ver de nouveaux fournisseurs. Mais à quels prix ?

Les challenges po­litiques ne sont pas des moindres. D’aucuns igno­rent que nombreuses sont les échéances électorales à venir. Mais le plus important est de mener à bien la concertation nationale. Et dans cette optique, chaque parti, chaque courant politique est déjà en train d’élaborer sa stratégie. Apaiser la tension politique qui en découle est une priorité.
Ce ne sont là quel­ques grands problèmes auxquels le prochain Premier ministre aura à faire face. Mais il y en a des dizaines et des dizaines. Et il ne s’agit pas de faire n’importe quoi et ce n’est pas le moment des tergiversations. Le moindre faux pas peut être fatal. Autrement dit, il n’aura pas la tâche facile, il faut le reconnaître.

Mais quoi qu’il en soit, cela ne devrait pas le décourager car tout au moins il sera en parfaite connaissance des causes. Et il ne pourra pas invoquer sa propre faute pour se soustraire à sa responsabilité (« nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude »). Il a fait librement le choix en son âme et conscience et à ses risques et périls.

Ranaivo Lala Honoré

Partager sur: