Madagascar veut renforcer sa capacité à financer son développement et réduire sa dépendance aux ressources extérieures. Pour y parvenir, les représentants du gouvernement malgache et du Système des Nations Unies (SNU) ont officiellement lancé la Stratégie nationale de financement intégré du développement durable (SNFI-DD), lors de la réunion du Comité de pilotage conjoint du Plan-cadre de coopération des Nations Unies pour le développement durable 2024-2028, le 12 mars à Antananarivo.
Pour Iouri Garisse Razafindrakoto, secrétaire général du ministère de l’Economie, la SNFI-DD consiste à «mobiliser, aligner et optimiser l’ensemble des ressources financières, afin de soutenir une transformation structurelle des économies inclusives et résilientes».
Les orientations nouvelles de la SNFI-DD guideront désormais l’action de 20 entités du système des Nations Unies et de près de 80 partenaires de mise en œuvre engagés aux côtés de Madagascar.
Dans cette démarche, un cadre cohérent sera créé permettant de mieux orienter les ressources financières et les aligner sur les priorités nationales de développement. L’approche consiste également à renforcer le rôle du secteur privé dans les investissements productifs. Les autorités espèrent ainsi poser les bases d’un financement plus durable et mieux coordonné des politiques publiques.
La SNFI-DD constitue également un signal fort pour les partenaires internationaux et les investisseurs selon Anthony Ngororano. «Avec cette stratégie, Madagascar envoie un message clair, celui d’un pays qui choisit d’innover, de mobiliser toutes ses forces et de prendre en main l’avenir de son développement», a-t-il déclaré.
Responsabilité collective
Malgré un bilan onusien positif pour l’année 2025, Madagascar reste confronté à d’importants défis structurels en matière de financement du développement avec une pression fiscale inférieure à 10 % du PIB. Ce niveau limite la capacité de l’Etat à financer ses politiques publiques et à investir dans les infrastructures et les services essentiels.
A cette contrainte s’ajoute un secteur privé encore limité dans les investissements productifs, tandis que la dépendance aux financements extérieurs reste élevée. Cette situation fragilise la soutenabilité du financement du développement à long terme.
«Nous avons la responsabilité collective de veiller à ce que chaque initiative produise des résultats concrets et mesurables», a déclaré Iouri Garisse Razafindrakoto. Selon lui, l’enjeu est de renforcer l’efficacité de l’action publique tout en mobilisant davantage des ressources au service du développement du pays.
Tivo Rasam




