Comme on ne s’y attendait pas – plusieurs figures politiques et/ou technocratiques ont été avancées -, c’est Mamitiana Jeannot Rajaonarison, qui a été désigné pour succéder à Herintsalama Rajaonarivelo à Mahazoarivo, faussant ainsi tous les pronostics.
Pour le nouveau Premier ministre, l’une des premiers reproches que l’opinion publique va lui faire est d’avoir collaboré, dans le temps, avec l’ancien régime en tant que directeur général du Samifin, le service des renseignements financiers qui s’est d’ailleurs distingué pendant cette période par son inertie.
Il va sans dire que beaucoup de critiques lui seront faites à ce sujet. Mais d’un autre côté, il est bien connu pour son engagement dans la lutte contre les flux financiers illicites et le blanchiment d’argent. D’autant plus que, selon certaines sources, il aurait participé activement à la lutte menée par la Gen Z.
On peut croire que ce spécialiste de la lutte contre les crimes financiers saura se défendre comme un grand. De toutes les façons, c’est à travers les actions qu’il va mener à la tête du gouvernement qu’on pourra juger cet ancien officier supérieur de la gendarmerie nationale et en même temps administrateur civil.
Quoi qu’il en soit, pour celui qui va être chargé de mener à bien le Programme général de l’Etat, le plus urgent et à la fois le plus important est de former le nouveau gouvernement. Et ce n’est pas chose facile car il s’agit à la fois de savoir choisir les personnes avec qui travailler mais aussi à qui faire confiance.
Pour qu’un gouvernement soit véritablement efficace, il faut que les personnes qui le composent aient un minimum de vision commune. Dans ces conditions, pour cet habitué à la lutte contre les malversations de tous genres, il faudra faire preuve de leader politique car ceux avec qui il va travailler viendront de tous les horizons.
Effectivement, les enchères politiques ne manqueront. Et les pressions viendront de toutes parts. Quoi qu’il en soit, il est sûr qu’avant d’avoir avancé sa candidature, il avait déjà une certaine idée des personnes avec qui composer. On ne peut pas occuper efficacement un tel poste en improvisant.
De toutes les façons, il n’aura qu’à choisir dans l’immense vivier des propositions de collaboration et aux nombreuses candidatures au poste de ministres qui vont submerger la Primature à compter de ce jour. De même, il pourra toujours repêcher certains ministres du précédent gouvernement.
Faire un tel choix n’est jamais facile. En effet, il ne doit pas perdre de vue qu’il sera jugé sur la base des résultats obtenus par l’ensemble de son équipe. Dans tous les cas, il ne dispose pas de beaucoup de temps pour ce faire. De toutes les façons, comme il a déjà fait les premiers pas en avant en acceptant sa nomination, il n’y a plus de recul possible.
Ranaivo Lala Honoré




