Tous les regards sont aujourd’hui tournés vers Mahazoarivo après la nomination du nouveau Premier ministre. On reste dans l’attente de la composition du nouveau gouvernement. Cette attente est justifiée dans la mesure où beaucoup de de problèmes restent en suspens.
C’est le cas du prix du paddy dans l’une des régions les plus productrices de riz dans le pays qu’est l’Alaotra. Le plus étonnant est le fait que
si le prix du paddy a beaucoup baissé, il n’en est rien du prix du riz blanc produit localement auprès des marchés. Ces prix n’ont pas changé.
Autrement dit, il existe d’importants écarts entre les prix payés aux producteurs et ceux du marché final. Bien évidemment, ce profite principalement à certains acteurs intervenants dans le circuit de distribution du riz, à commencer par les collecteurs jusqu’aux grossistes et détaillants.
Compte tenu de son prix plus abordable, les consommateurs préfèrent acheter du riz importé parce que c’est moins cher. Cette situation va avoir de multiples conséquences qui risque de bouleverser toute la chaîne de valeur de la riziculture dans la région.
Il faut rappeler que cette fois-ci, la baisse des prix du paddy auprès des producteurs résulte de la politique publique qui a fixé un prix plafond en collectant le paddy local. Cette politique s’est retournée contre les cultivateurs qui ont vu leur revenu respectif se réduire sensiblement.
On veut atteindre l’autonomie en matière de production rizicole. Mais certaines politiques publiques vont au contraire de cet objectif en réduisant les incitations à produire. En effet, à quoi servirait aux agriculteurs de produire plus quand finalement leur exploitation n’enregistre que des pertes ?
Mais aucune aide n’est accordée aux producteurs pour que ces derniers soient encouragés à produire. Or, tous les intrants voient leurs prix augmenter au fil des années d’exploitation. Cela peut concerner aussi bien les semences que les engrais. Leurs prix actuels ne sont plus à la portée des agriculteurs.
Cette situation pourrait amener les agriculteurs à se tourner vers des produits autres que le riz. Ce qui conduirait certainement à une baisse plus que sensible de la production rizicole nationale. D’autant plus que, selon certains spécialistes, la productivité agricole, dans son ensemble, reste marquée par une stagnation structurelle.
Encore faut-il remarquer que les effets pervers de cette politique publique ne se limite pas aux producteurs. D’autre intervenants de la filière sont également frappés. Il en est ainsi des rizeries. Faute de produits à transformer, ces unités voient leurs activités se réduire de plus en plus.
Dans ces conditions, la situation pourrait devenir très grave dans un délai relativement court si des solutions ne sont pas trouvées dans un délai relativement court. Bien sûr, on pourra toujours recourir aux importations. Mais est-ce bien la meilleure solution ?
Ranaivo Lala Honoré




