Supercarburant 95: des stations-services contraintes de rationner

Les perturbations géopolitiques au Moyen-Orient continuent d’impacter l’approvisionnement en carburant dans plusieurs pays. A Madagascar, l’acheminement de la cargaison mensuelle de carburants a pris du retard. Des stations-services n’ont d’autre choix que rationner, notamment pour le Supercarburant 95.

Initialement prévu le 4 mars, le départ du navire, Advantage Passion au port de Sohar (Oman), n’a pas eu lieu que le 9 mars, à cause de la guerre en Iran. Par conséquent, plusieurs stations dans la Capitale ont été à sec en Supercarburant 95.
Toutefois, afin de limiter les conséquences sur les stocks nationaux, la durée de traversée a été exceptionnellement réduite. Le bateau, attendu ce mardi après-midi au port de Toamasina, a effectué le trajet en seulement huit jours au lieu de onze.
Dans un communiqué publié hier 17 mars, l’Office Malgache des Hydrocar­bures (OMH) a précisé que «Le navire transportant la cargaison mensuelle de Su­percarburant 95, de pétrole lampant et de gasoil arrivera en fin d’après-midi (hier : ndlr) au port de Toamasina». L’organisme souligne également les efforts fournis pour compenser le retard. «La durée de traversée a été réduite de 11 à 8 jours afin de limiter l’impact sur les stocks», a-t-il indiqué
Malgré ces ajustements, des perturbations ont été observées, notamment à An­tananarivo et à Toamasina. Certaines stations-service ont appliqué des mesures de rationnement. Pour faire face à la situation, plusieurs efforts ont été déployés.
L’OMH indique que «des mesures opérationnelles ont été prises, notamment le rationnement dans les stations-service, le transfert stratégique de carburant depuis Mahajanga et l’ouverture des stocks au dépôt d’Alarobia».

Appel au calme

Ces dispositions visent à maintenir un niveau d’approvisionnement minimal en attendant l’arrivée complète et la distribution des nouvelles cargaisons. Les autorités veulent éviter toute rupture brutale.
L’OMH appelle également à la responsabilité des consommateurs. «Nous de­mandons au public de rester calme et d’éviter tout stockage excessif susceptible de provoquer des risques d’incendie et de perturber la distribution», insiste l’institution.
Selon les prévisions, la situation devrait rapidement revenir à la normale. Une fois les opérations de dé­chargement achevées et les produits acheminés vers la capitale, le rythme de distribution reprendra progressivement.
«Le retour à la normale est prévu à partir du vendredi 20 mars 2026», assure l’OMH.

Choc pétrolier

La situation illustre la fragilité des chaînes d’approvisionnement énergétiques. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient perturbent les flux maritimes et allongent les délais de livraison, notamment dans le détroit d’Ormuz. Du coup, plusieurs pays importateurs, dont Madagascar, entreprennent des ajustements rapides pour éviter la pénurie. Ce contexte rappelle combien les marchés pétroliers restent sensibles aux crises internationales.
Le cours du baril de Brent oscille actuellement autour de 100 à 105 dollars, après avoir brièvement frôlé les 120 dollars et enregistré une hausse de près de 40 à 50 % en un mois.
Malgré des tentatives de stabilisation via les réserves stratégiques, les analystes anticipent des prix durablement élevés tant que les incertitudes géopolitiques et les risques sur l’approvisionnement persistent.

Arh.

Partager sur: