Certaines stations-services de la Capitale ont éprouvé des difficultés pour satisfaire les usagers. Elles ont dû adopter des mesures de rationnement pour que chacun puisse avoir du carburant. Bien évidemment, la grogne s’est fait sentir au niveau de certains clients.
Beaucoup ont pensé que c’est le début de la crise pétrolière. Mais le Groupement des pétroliers de Madagascar a tenu à rassurer que ce n’est qu’un problème passager en raison du retard de l’acheminement de la cargaison mensuelle de carburants.
Il a été par ailleurs précisé que 64 000 tonnes de produits pétroliers comprenant de l’essence SP95, du gasoil et du pétrole lampant viennent d’être débarquées au port de Toamasina et que tout reviendra à la normale d’ici quelques jours (probablement à partir de vendredi).
Mais quoi qu’il en soit, il faut souligner que la moindre perturbation au niveau de la distribution de carburants crée une psychose de pénurie. Cela se comprend quand on voit ce qui se passe dans la région du Golfe persique. La navigation maritime est bloquée au niveau du détroit d’Ormuz.
De même, de nombreuses installations pétrolières de la région sont détruites. Tout compte fait, une crise pétrolière à l’échelle mondiale est à craindre si jamais le conflit qui prévaut dans cette région venait à s’intensifier ou s’éterniser voire s’étendre à d’autres pays.
Et somme toute, il est tout à fait logique si l’on se demande si ce problème d’approvisionnement est vraiment passager ou bien c’est le signe annonciateur d’une crise pétrolière.
Cette perturbation de l’approvisionnement en carburant montre à quel point les chaînes d’approvisionnement énergétique sont fragiles. Et un conflit régional peut avoir des conséquences à l’échelle mondiale. Cela ne se situe pas seulement au niveau de l’acheminement du produit mais également sur celui des prix.
Face aux incertitudes géopolitiques et à la sensibilité des marchés pétroliers aux crises internationales, c’est le moment ou jamais de penser à l’exploitation d’autres sources d’énergie. On ne sait pas ce qui va se passer dans les années à venir. On doit tirer des leçons de ce conflit dans le Golfe persique.
Les quelques projets connus (huile lourde de Tsimiroro, charbon de la Sakoa ainsi que les quelques barrages hydroélectriques) ne suffiront pas pour donner au pays une indépendance énergétique. On ne peut pas non plus compter pleinement sur les énergies renouvelables, encore peu développées d’ailleurs.
L’une des solutions qui pourrait nous fournir cette indépendance est d’exploiter l’énergie nucléaire civile car le pays possède la matière de base. Et on croit bien que les compétences humaines nationales existent. Cela doit s’inscrire dans le cadre d’une vision à long terme de la politique énergétique.
Ranaivo Lala Honoré




