Hadimiana Sandratra: « Créer plutôt que reprendre »

A l’occasion du Mois de la langue malgache, célébré chaque mois de juin, le cercle des écrivains et poètes Faribolana Sandratra organise un évènement spécial dénommé « Hadimiana Sandratra », un rendez-vous consacré à la promotion de la langue et de la littérature malgaches qui se déroule sur cinq jours. L’ouverture officielle s’est tenue hier à la Bibliothèque nationale de Madagascar (BNM) à Anosy.

«Pour dynamiser le secteur, nous encourageons la création et non la reprise », déclare J.Nalisoa Ravalitera, fondateur de Faribolana San­dratra.
« Qui sera le prochain Ranja Razanamihoatra ou le prochain Dox ? On nous pose souvent cette question. La réponse est : personne », poursuit-il. Selon lui, ces grandes figures demeureront à jamais des icônes de la littérature malgache.
« Notre objectif n’est pas de les remplacer, mais de laisser à notre tour des œuvres qui pourront marquer une époque et inspirer les générations futures », précise J.Nalisoa Rava­litera.
Dans cette optique, les jeunes auteurs sont invités à s’inspirer des anciens sans les copier. « De la même manière que l’oiseau a inspiré l’homme à créer l’avion », ajoute-t-il. L’ambition est ainsi de faire émerger diverses voix capables d’enrichir le patrimoine littéraire national.
Pour marquer cette édition, Faribolana Sandratra a procédé au lancement officiel de « Sandra-kanto », un recueil collectif réunissant les textes de 80 poètes, issus de 11 régions de Mada­gascar. Très actif sur la scène littéraire depuis sa création dans les années 1980, le cercle publie régulièrement des ouvrages et milite pour une meilleure politique de soutien à l’édition.
« Nous sollicitons davantage d’appui de la part du ministère pour l’édition des ouvrages », indique le fondateur. Présent à la cérémonie, le ministre de la Commu­nication et de la culture, Fenosoa Gascar, a affirmé partager cette vision de promotion de la langue malgache. Il a également annoncé la préparation d’une importante résidence d’écriture.

Pérennisation de la littérature
Après plus de 35 ans d’existence, Faribolana San­dratra demeure l’un des collectifs littéraires les plus dynamiques du pays. Parmi ses initiatives, le TMV (Tono­nkalo Mitety Vazan-Tany), une tournée poétique itinérante, ou le VMV (Ve­lan-kevitra Mitety Vohitra), un programme de conférences organisées dans les villages. Le cercle publie également « Ambioka », un journal exclusivement consacré à la littérature malgache.
« J’ai été éduqué à travers ce journal », ajoute le ministre. Chaque deuxième mardi du mois, le Cercle germano-malagasy accueille des séances de déclamation poétique. Par ailleurs, il s’intéresse aussi à d’autres disciplines artistiques, comme le théâtre et le théâtre radiophonique.
Aujourd’hui, Faribolana Sandratra compte plus de 350 membres répartis dans une vingtaine de districts du pays. Comme le rappelle l’écrivain et poète Ranoë : « Izay tsy mihetsika dia mihitsoka », ce qui signifie littéralement « Ce qui ne bouge pas finit par se bloquer ». Une devise qui résume l’esprit d’un cercle déterminé à faire vivre et évoluer la littérature malgache.
Durant « Hadimiana San­dratra », une exposition présentée à la BNM retrace l’histoire du cercle à travers des archives, des photographies et les portraits de ses trois fondateurs : Solofo José, Ilay et J. Nalisoa Ravalitera, et des autres membres. Plusi­eurs conférences et ateliers sont également programmés dans différents lieux de la capitale.

Holy Danielle

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