Matin mouvementé, samedi à Tsarasaotra. Des éléments des forces de l’ordre se sont introduits dans l’enceinte d’un bâtiment en escaladant les clôtures. Mais, les agents de sécurité les ont repoussés donnant lieu à des affrontements violents. Selon les autorités, l’opération consistait à démanteler un réseau de skimming sur fond de traite de personnes.
Des éléments des Forces de l’ordre, ont voulu pénétrer dans l’enceint du bâtiment clôturé, samedi vers 10h «pour mener une perquisition». Cependant, les agents de sécurité sur place ne les ont pas laissés entrer «car ils n’ont montré aucun ordre de perquisition», selon les riverains ayant assisté à la scène.
Puis ils ont alors escaladé la clôture pour ouvrir de l’intérieur le portail. Des altercations violentes se sont ensuite éclatées entre les deux parties. Des agents de sécurité ayant été roués de coups alors qu’ils étaient déjà au sol.
«Les inconnus qui se présentaient comme des éléments des forces de l’ordre, nous ont intimés de rester loin du bâtiment, car ils allaient ouvrir le feu si les agents de sécurité continuent de refuser d’obtempérer», a indiqué une riveraine.
Précisions
Les autorités ont apporté des précisions, hier. Selon la procureure de la République près le tribunal de première instance d’Antananarivo, Narindra Navalona Rakotoniaina, il s’agissait d’un démantèlement de réseau de skimming (escroquerie en ligne) et de traite de personnes.
«Cette opération a commencé depuis quelques mois, ayant permis l’arrestation et le placement en détention préventive de certains suspects en attendant leur procès», a-t-elle expliqué.
Déjà recherchés à l’international
Des investigations et des perquisitions légales ont eu lieu, dont celle de samedi. «Plus de 700 personnes ont travaillé sur place. Nous avons déjà scellé l’endroit lors de notre précédente descente. Nous nous y sommes rendus samedi pour récupérer les matériels informatiques utilisés par les arnaqueurs. La procureure de la République nous a accompagnés et a expliqué aux agents de sécurité, mais ces derniers ont fait la sourde-oreille. Ce qui a entraîné l’intervention musclée», a détaillé le Directeur de police judiciaire (DPJ) de la police nationale, le commissaire divisionnaire de Police, Jean Marcel Rabenandrasana.
La plupart des membres du personnel de cette entreprise clandestine sont des ressortissants étrangers. «Ces individus ont déjà été poursuivis dans d’autres pays avant d’arriver ici», a-t-il précisé. Le chef du service du contrôle des frontières, le commissaire principal de Police Mohamed Ali Randriamerisoa a alors indiqué que ces étrangers sont venus à Madagascar avec un visa touristique.
Pour sa part, le DPJ de la gendarmerie nationale, le colonel Heritiana Rivo Randriamalala, a parlé de l’arrestation d’une quarantaine de ressortissants étrangers sans papiers dans la capitale, samedi.
«Quand nous leur avons demandé où étaient leurs papiers, ils ont indiqué que leurs patrons les avaient confisqués. Cela démontre que cette affaire ne concerne pas uniquement l’escroquerie en ligne, mais également une traite de personnes», a-t-il dévoilé.
Du reste, Narindra Navalona Rakotoniaina a précisé que les Call centers sont des prestataires de services disposant d’une autorisation légale. Par contre, le skimming consiste à recopier les pistes magnétiques d’une carte bancaire grâce à un lecteur à mémoire (appelé “skimmer”), installé sur un terminal de paiement. Les escrocs dans ce type de vol, prétendent pourtant travailler dans le domaine du call center pour masquer leurs véritables activités.
LR




