Menaces hybrides : les nouveaux visages de la guerre au cœur des débats

La réflexion stratégique s’est poursuivie hier à l’Auditorium Havoria à Anosy lors de la deuxième et dernière journée de la Conférence de l’Ecole d’Etat-major de l’Armée (EEM), organisée autour du thème : « Les Forces armées face aux menaces hybrides ».

L’un des temps forts de cette journée a été le Panel 5, consacré aux « nouveaux visages de la guerre », ouvert par le général de Corps d’Armée (GCA) Richard Rakotonirina, conférencier du pôle Rescur de l’Université Paris Cité et ancien ministre de la Défense nationale. Dans son intervention, il a souligné l’évolution profonde des conflits contemporains, marqués par les avancées technologiques et l’apparition de nouvelles formes de confrontation.

« La guerre n’a pas disparu : elle a changé de visage », a-t-il affirmé, estimant que les menaces actuelles ne se limitent plus aux affrontements militaires classiques. Désormais, l’économie, l’énergie, l’information et la désinformation, le droit ou encore les flux migratoires peuvent être utilisés comme des armes dans des stratégies de déstabilisation. Selon lui, les menaces hybrides exploitent avant tout les vulnérabilités des Etats plutôt que leurs frontières.
Le général Richard Rakotonirina a également insisté sur la nécessité d’un « réveil stratégique » face à ces défis multidimensionnels. Il a plaidé pour une approche globale associant les forces armées, les institutions publiques et la population, rappelant que la résilience nationale constitue aujourd’hui un élément essentiel de la défense.

Evoquant le cas de Madagascar, il a mis en garde contre les risques liés aux fragilités socio-économiques, à la désinformation ainsi qu’aux vulnérabilités maritimes de la Grande Île, forte de près de 5.000 kilomètres de côtes. « La première ligne de front, c’est la tête de chaque Malgache », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de la lutte contre les manipulations de l’opinion.

Pour conclure, l’ancien ministre de la Défense nationale a estimé que la capacité du pays à faire face aux menaces émergentes reposera avant tout sur l’unité des forces nationales et le renforcement de la pensée stratégique. Cette conférence aura ainsi permis d’alimenter la réflexion sur l’adaptation des forces armées aux défis sécuritaires du XXIe siècle.

Mparany

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