Réseaux sociaux : la liberté d’expression à l’ère du filtre ?

Lors de son déplacement à Fianarantsoa, le week-end, le ministre de la Communication et de la culture, Gascar Fenosoa, a annoncé que son département prépare actuellement un projet de loi visant à encadrer la liberté d’expression sur les réseaux sociaux, à lutter contre les fausses informations…

La liberté d’expression, l’un des piliers fondamentaux du processus démocratique, doit-elle être limitée ?
Gascar Fenosoa a rappelé que la liberté d’expression figurait parmi les principales revendications lors des événements politiques du 25 septembre 2025. Toutefois, selon lui, cette liberté s’accompagne de nombreuses dérives, comme l’incitation à la haine, le harcèlement, la diffamation, la désinformation, la propagation de rumeurs et de fausses informations.
Et pour éviter les abus, Gascar Fenosoa estime que mettre des filtres est légal et nécessaire, contre les contenus nuisibles. « Les propos diffamatoires portant atteinte à l’honneur de certaines personnes, sont légion sur certains réseaux sociaux », a-t-il déclaré. Et que « plusieurs contenus diffusés sur internet, viseraient à discréditer des responsables publics ainsi que des particuliers ». Il a même ajouté que « certains opposants utilisent les réseaux sociaux pour fustiger les reformes engagées par le pouvoir en place ».
Et le ministre a affirmé que plusieurs pages et comptes considérés comme faux diffusent volontairement de fausses informations sur les réseaux sociaux. Il a déclaré que certaines personnes se trouvant derrière ces comptes seraient déjà identifiées, sans donner plus de détails.
Face à cette situation, Gascar Fenosoa a indiqué que le ministère envisage de mettre en place un dispositif légal destiné à mieux encadrer l’utilisation des plateformes numériques. Il a précisé que ce projet aurait notamment pour objectif de préserver les valeurs culturelles et sociales, ainsi que de lutter contre la propagation de fausses informations.
« Alors, est-ce que vous êtes partants », s’est adressé directement aux utilisateurs des réseaux sociaux.
Le ministre a également rapporté que lorsqu’il exerçait encore le métier de journaliste, il avait déjà été convoqué à la brigade de gendarmerie de Fiadanana, à la suite d’une question posée dans le cadre d’une émission. Selon ses explications, cette situation illustrerait la différence entre le contexte de l’époque et celui d’aujourd’hui, qu’il considère comme plus ouvert à la liberté d’expression.
Enfin, le ministre a appelé les internautes à vérifier les sources des informations avant de les relayer sur les réseaux sociaux, afin de limiter la propagation de contenus trompeurs.

S.A

Partager sur: