Trois ans après la présidentielle de 2023, le débat sur la nationalité d’Andry Rajoelina, sera tranché sur le terrain judiciaire. Selon Bienvenu Manjany, procureur général près la Cour d’appel d’Antananarivo, une enquête est ouverte sur les conditions d’obtention du certificat de nationalité malgache présenté par l’ancien président, lors de sa candidature à l’élection présidentielle de 2023.
« La procédure fait suite à une plainte de la Direction de la législation et du contentieux (DLC) auprès de la Primature, datée du 18 août 2026 et transmise au parquet près le Tribunal de première instance d’Antananarivo », indique le procureur général. Le dossier est depuis été confié à un juge d’instruction.
La plainte porte sur l’obtention du certificat de nationalité malgache alors qu’Andry Rajoelina avait acquis la nationalité française plusieurs années auparavant. Suite à cela, une requête de disqualification du candidat, a été déposée auprès de la Haute cour constitutionnelle en 2023. Dans sa décision du 9 septembre 2023, validant la liste définitive des candidats, la HCC avait rappelé que le certificat de nationalité « fait foi jusqu’à preuve du contraire ».
A l’époque, la Haute Cour avait interrogé le Secrétariat général du gouvernement sur l’existence d’un acte constatant la perte de la nationalité malgache. La réponse transmise à la juridiction indiquait qu’aucun décret de ce type n’avait été pris concernant Andry Rajoelina. Sur cette base, sa candidature avait été validée.
Terrain judiciaire
La procédure actuelle porte cependant sur un autre aspect, à savoir les conditions mêmes dans lesquelles ce certificat aurait été obtenu. Il appartient désormais au juge d’instruction de vérifier les faits, d’examiner les documents en question et d’entendre les différentes parties.
Depuis 2023, le contexte juridique a évolué. Le 24 octobre 2025, un décret a été adopté portant la perte de la nationalité malgache d’Andry Rajoelina, en se fondant sur l’acquisition volontaire de la nationalité française.
Concernant l’absence de l’ancien président du territoire, le procureur général affirme que celle-ci n’empêche pas la poursuite de l’instruction. « La DLC, à l’origine de la plainte, doit d’abord être entendue avant que le juge ne détermine les autres personnes à convoquer et les modalités de leur audition », a-t-il indiqué.
Pour le moment, aucune fraude n’est judiciairement établie. L’enquête devra déterminer si la délivrance du certificat de nationalité était régulière.
Tivo Rasam




