Dialogue politique: le VMFR n’en démord pas et presse le président Randrianirina

Le VMFR réclame une rencontre urgente avec le président de la Refondation de la République, le colonel Michael Randrianirina, dans un délai d’une semaine. Il a formulé cette demande hier, au Palais des Sports de Mahamasina, à l’occasion de la commémoration du 14 octobre. Initialement consacrée à la présentation d’une Charte d’engagement pour le dialogue politique, la cérémonie a pris une autre tournure après les déclarations du chef de l’Etat à Antsohihy, écartant la perspective d’un « dialogue politique tel que souhaité par certains acteurs ».
La position du président a suscité une vive réaction du coordonnateur du VMFR, Ignace Randrianirina. A l’issue de la cérémonie religieuse, celui-ci a publiquement interpellé le président de la Refondation, réclamant une rencontre à Iavoloha dans les plus brefs délais.
« Aujourd’hui, nous lançons un appel solennel au président de la Refondation de la République. Une rencontre urgente doit avoir lieu entre VMFR et les autorités de l’Etat à Iavoloha. Nous demandons à ce que cette rencontre intervienne dans un délai ne dépassant pas une semaine », a-t-il déclaré.
Pour rappel, la Présidence a déjà engagé des consultations avec les partis politiques et différentes organisations, principalement dans la perspective de dégager un consensus autour des prochaines échéances électorales. Le VMFR pour sa part, préconise un dialogue entre les acteurs politiques devant déboucher sur un accord concernant les conditions de la transition et la stabilisation du pouvoir, avant la poursuite de la concertation nationale.
Ignace Randrianirina estime que cette démarche répond à des engagements annoncés par le chef de l’Etat. « Ce n’est pas le VMFR qui a demandé un accord politique. C’est le président de la Refondation lui-même qui avait annoncé la tenue d’un dialogue politique », a-t-il soutenu devant les journalistes. Il a également insisté sur le respect de la parole donnée. « Lorsqu’on dirige un Etat, il faut dire la vérité et respecter les engagements pris publiquement », a-t-il lancé, avant d’affirmer que la communauté internationale encourageait elle aussi la tenue d’un dialogue politique pour favoriser l’apaisement.

Conditions d’apaisement

Pour justifier sa démarche, le VMFR invoque la situation institutionnelle issue des événements d’octobre 2025. « Si le régime de la Refondation a déjà acquis sa légalité grâce à la Haute Cour constitutionnelle, sa légitimité politique reste encore à consolider », a estimé Ignace Ran­drianirina. « Le pouvoir n’est pas stable, car il n’est pas issu d’une élection. Il n’est pas stable parce qu’il a accédé au pouvoir à la suite d’un soulèvement populaire », a-t-il déc­laré.
Il a également évoqué les revendications de certains mouvements de jeunes concernant la dissolution des institutions, notamment celle de la Haute Cour cons­titution­nelle, qui a joué un rôle dans l’accession au pouvoir du colonel Michael Ran­driani­rina.
Le désaccord intervient alors que le FFKM prépare le processus de concertation nationale, appelé à définir les grandes orientations de la Refondation. Le VMFR estime qu’un dialogue politique préalable permettrait de créer les conditions d’apaisement nécessaires au bon déroulement de cette concertation. « Nous avions discuté avec le FFKM de la possibilité d’organiser d’abord un dialogue politique afin de stabiliser le pays, avant de passer à la concertation nationale », a expliqué Ignace Randriani­rina.

Tivo Rasam

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