Journée de la canne blanche: une célébration tombée dans l’oubli

« De nos jours, la célébration de la Journée de la canne blanche est largement tombée dans l’oubli », a déploré hier Josoa Radafiniantsoa, président de l’Association des aveugles de Madagascar (A2M), lors de la Journée mondiale de cet outil de mobilité. Cet oubli se traduit par des infrastructures inadaptées qui mettent en danger les non-voyants.
Il cite l’exemple des feux tricolores d’Antananarivo, dépourvus de signaux sonores essentiels pour traverser en sécurité, ou encore des barrières anti-deux-roues instal­lées à Ankorondrano, véritables pièges pour les piétons à la canne blanche. Face à cela, il appelle à mettre à jour l’arrêté interministériel 6363/96, qui réglemente la priorité et la protection des déficients visuels dans l’espace public.

Un outil de luxe
Indispensable pour l’autonomie et l’identification des personnes non-voyantes, la canne blanche reste pourtant un produit de luxe à Madagascar. Modèle de base ou pliant en carbone, son coût oscille entre 60 euros (plus de 300 000 ariary) et le double.
Selon l’Union nationale des aveugles et déficients visuels (Unadev), 3% de la population malgache — soit environ 780 000 personnes — souffrent d’une déficience visuelle. Plus de la moitié d’entre elles n’ont pas les moyens de s’offrir une canne, se retrouvant condamnées à vivre cloîtrées malgré leur désir de travailler, d’étudier et de se déplacer.

Sera R.

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