Internet mobile à Madagascar: 81 % de la population couverte par le 4G, mais 15 % d’entre elles est connectée

La Global System for Mobile Communications Association (GSMA) a présenté son rapport sur
l’économie numérique malgache hier, en marge du Digital Africa Summit, au Novotel Antananarivo.

Pour cette organisation internationale qui re­présente les intérêts des opérateurs de téléphonie mobile et de l’écosystème numérique dans le monde, le constat est clair : 81 % de la population vit dans la zone couverte par le 3G ou plus, mais seuls 15 % utilisent l’internet mobile.
« La pénétration unique de l’internet mobile n’était que de 14,3 % en 2025 », selon la GSMA.
Pourtant, le nombre de connexions mobiles est passée de 12,3 à 22,5 millions depuis 2021. A ce sujet, des réformes ciblées pourraient connecter environ 1,1 mi­llion de personnes de plus à l’internet mobile d’ici 2031. Elles ajouteraient ainsi 4.100 milliards d’ariary au Pib.
L’association internationale a aussi animé une table ronde avec Yas, Orange et Airtel Madagascar. Les opérateurs ont confirmé à cette occasion une baisse de plus de 50 % du prix de l’internet mobile en un an, jusqu’à 80 % sur l’offre à 1.000 ariary. Cela ne suffit toutefois pas. Le coût des smartphones, la couverture rurale et la qualité des réseaux, freinent encore l’usage de l’internet, d’autant qu’un tiers des ruraux n’a pas accès à la 4G.
Face à cela, la GSMA dé­fend quatre priorités : des smartphones abordables, des réseaux ruraux moins coûteux, une fiscalité allégée et des services numériques utiles. « L’industrie mobile est prête à collaborer avec le gouvernement et ses partenaires pour transformer ce potentiel en progrès durable », assure Angela Wamola, responsable Afrique de la GSMA.
De leur côté, les autorités multiplient les initiatives. Plusieurs universités bénéficient d’une connexion gratuite et de 100 ordinateurs chacune. De plus, environ 2.500 ordinateurs ont été remis aux agents publics. Enfin, 300 kits Starlink sont prévus pour les communes.

Transformer les progrès de la connectivité

Dans la foulée, Yas Mada­gascar a réagi au rapport. L’opérateur appelle à transformer les progrès de la connectivité en opportunités pour tous. Pour lui, la couverture ne suffit plus : il faut désormais aider chacun à s’équiper et à se connecter.
Yas s’appuie d’abord sur les chiffres de l’étude. L’écart de 66 points entre couverture et usage révèle un potentiel immense. Les simulations montrent même que les réformes pourraient faire croître le Pib de 3,3 % en 2031.
À terme, l’élargissement de l’assiette fiscale compenserait donc les pertes de recettes liées aux mesures proposées. Ensuite, l’opérateur met en avant ses investissements. Il a injecté près d’un milliard de dollars depuis 2004. Son réseau, le plus étendu du pays selon la GSMA, dessert plus de 19 millions de personnes. Sa couverture 4G atteint 89 % de la population, selon ses mesures d’août 2026. Para­llèlement, ses nouveaux tarifs, appliqués depuis dé­cembre 2025, ont réduit le coût de la donnée de près de 78 % sur certaines offres d’entrée de gamme.

Smartphones taxés à 47 %

Mais Yas pointe surtout le prix des smartphones. Les taxes représentent 47 % de leur coût : 20 % de droits d’importation, 20 % de TVA, 6 % de droit d’auteur et 1 % de redevance de régulation. Pour y remédier, l’opérateur propose le paiement échelonné Mitsinjo et participe au programme Decim.
Il demande également de réexaminer le droit d’accise de 8 %. Cette taxe vise d’ordinaire le tabac, l’alcool ou le luxe. Elle frappe pourtant des services qui facilitent l’accès à l’information.
« Le défi est désormais de transformer cette couverture en usages concrets, accessibles et utiles à tous les Malgaches », déclare Benoit Janin, directeur général de Yas Mada­gascar. Et d’ajouter : « Une action coordonnée peut faire du numérique un véritable accélérateur de croissance et d’inclusion. »

Arh.

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