Force est de constater que l’or malgache suscite bien des convoitises. Au point que certains sont prêts à prendre des risques pour en faire sortir clandestinement du territoire, quitte à recourir à des méthodes aussi insolites que dangereuses.
L’interpellation d’une ressortissante étrangère à l’aéroport international d’Ivato, avec 2,85 kg d’or dissimulés dans son rectum, a de quoi surprendre. Mais derrière le caractère spectaculaire de cette affaire se cache une question qui fait réfléchir : comment un pays aussi riche en ressources naturelles devient-il une passoire ?
Le scénario pourrait presque prêter à sourire si les enjeux n’étaient pas aussi sérieux. Mais la technologie, cette fois, a eu raison de l’imagination. Et l’essentiel n’est pas de savoir jusqu’ où certains sont prêts à aller pour transporter clandestinement de l’or, mais plutôt de comprendre pourquoi ils prennent autant de risque et quels sont les réseaux qui rendent ces trafics possibles ?
L’or ne disparaît pas tout seul. Derrière chaque tentative de trafic clandestin, il y a des circuits d’approvisionnement et des complices profitant des failles du système.
La présence du Premier ministre et du ministre des Mines sur les lieux traduit une volonté de donner un signal fort. Mais l’égalité devant la loi ne se mesure pas uniquement à la fermeté des déclarations. Elle se vérifie dans les actes, que l’on soit un simple citoyen, un opérateur économique influent ou un ressortissant étranger. La nationalité ne doit être ni un bouclier ni une circonstance aggravante. Seuls les faits et le droit doivent guider la réponse des autorités.
Dans un pays où les besoins en infrastructures, en écoles, en hôpitaux et en services publics restent immenses, chaque richesse soustraite illégalement au circuit national représente une perte potentielle pour la collectivité. Certes, toute exportation d’or n’est pas illégale. Mais lorsque les règles sont contournées, ce sont la transparence, les recettes publiques et la confiance dans les institutions qui en pâtissent.
En tout cas, l’or malgache mérite mieux que des voyages clandestins et des arrestations spectaculaires.
Rakoto





