D’après un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Madagascar produit chaque année 80.000 tonnes de raphias. Pourtant, cette filière fait face à de nombreux défis, pour ne citer que la faible valeur ajoutée qu’elle génère. C’est dans ce contexte qu’une assise nationale du raphia à Madagascar s’est tenue, hier au Radisson Blu Ambodivona.
Ayant honoré de leur présence l’événement d’hier réunissant l’ensemble des acteurs clés de la filière raphia, les ministres de l’Environnement et du développement durable (Medd) Max Andonirina Fontaine, du Tourisme et de l’artisanat (MTA) Viviane Dewa ainsi que de l’Industrialisation et du commerce (Mic) David Herizo Ralambofiringa, se sont accordés à dire que le raphia devrait être un levier du développement économique, social et environnemental. Pourtant, ils ont regretté que les produits finis issus des raphias de Madagascar, portent les marques de renom une fois sur le marché international.
D’après le Medd, le prix de vente des raphias non transformés est largement inférieur à celui des produits finis. Son homologue du Mic a même indiqué que la différence allait jusqu’à dix fois, alors que, suivant la MTA, la plupart des produits dérivés de raphias vendus dans les différents événements auxquels elle a assisté à l’étranger, ont été fabriqués à partir de matières premières venant de Madagascar. Près de 70% des exportations se faisant sous forme brute, « le label Madagascar ne peut pas apparaître dans ces marques », a-t-on regretté.
Cette filière fait cependant vivre 48.900 artisans suivant un rapport de l’Institut national de la statistique (Instat) en 2024. D’après Tefy Ranaivo, représentant de la Fédération des chambres de métiers et de l’artisanat de Madagascar (FCMAM), « la filière raphia devrait être une activité génératrice de revenus par excellence dans la Grande île. Or, à cause de l’exportation abusive des matières premières, nous les artisans, n’obtenons que les produits de dernier choix ». Selon ses dires, l’installation des industries étrangères œuvrant dans la filière à Madagascar démontre que les Malgaches ont les compétences nécessaires pour faire du raphia un levier du développement.
Ainsi, l’assise d’hier visait à construire ensemble une feuille de route stratégique qui consiste à moderniser les techniques artisanales et faciliter l’accès aux technologies, à lutter contre la déforestation et promouvoir des normes écologiques, à renforcer compétitivité des produits malgaches à l’internationale, ainsi qu’à favoriser l’inclusion des femmes et des jeunes dans la filière. En effet, les produits finis issus du raphia peuvent atteindre 2.441 dollars/kg rien que sur le marché français, suivant le rapport Trademap en 2024.
Sera R./L.R.




