Enfant atypique: la turbulence est double à l’adolescence

Lors d’une conférence à l’IKM Antsahavola la semaine dernière, portant sur le thème « Quels conseils aux parents d’adolescents à difficulté d’apprentissage », la psychologue clinicienne, le docteur Koloina Andrianilaina, a fait savoir que les enfants atypiques, c’est-à-dire ceux qui ont des retards mentaux ou des problèmes d’apprentissages, présentent une double turbulence à leur période d’adolescence. « En parallèle avec la crise d’adolescence classique, le poids de leur handicap peut se ressentir énormément », a-t-elle indiqué à ce sujet.
A elle de souligner qu’en cette période, une grande frustration est constatée auprès d’eux. Elle a cité par la suite les difficultés invisibles (barrières neurologiques, limitations des capacités d’exécution ou mentales) mais réelles, les diverses différences vécues et ressenties, la conscience douloureuse de leurs inégalités, l’écart entre l’âge réel et l’âge mental, les capacités cognitives et les attentes sociales ainsi que l’éclosion des émotions en décalage avec le développement physique ou les capacités mentales comme étant parmi les principales sources de cette situation.
Par conséquent, de leur côté, les parents vivent un deuxième deuil de l’enfant rêvé à l’adolescence car le handicap devient plus visible par rapport aux autres adolescents, et cette comparaison est parfois source de douleur. Des sentiments légitimes mais tabous peuvent donc ressurgir comme la colère, la tristesse, la culpabilité, la honte ainsi que la jalousie envers les autres enfants et parents. De ce fait, être parent d’un adolescent atypique, il faut à la fois comprendre, accepter et accompagner. « Une mauvaise compréhension de leurs agissements ou comportements de la part des parents peut les fragiliser davantage », a fait remarquer notre psychologue. Elle ajoute qu’« en tant que parent d’adolescent atypique, aimer son enfant tel qu’il est, ne veut pas dire renoncer à le faire progresser, mais plutôt adapter ses attentes dans un cadre clair et une souplesse émotionnelle », recommande-t-elle. La valorisation de leurs réussites, même petites, contribue grandement à l’estime de soi de l’adolescent. Mettre l’accent sur ses forces, et pas uniquement ses déficits, fait partie des défis des parents. « L’objectif n’est pas de guérir mais de construire ensemble une vie digne et épanouie », a-t-elle conclu.

Recueillis par Sera R.

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