Ce mardi, sous un ciel estival chargé d’attente, l’équipe de Madagascar s’avance dans la deuxième étape des Masters de pétanque 2025 à Soustons avec le costume de favori, taillé sur mesure après une éclatante victoire lors de la première étape. Mais ce statut, aussi flatteur soit-il, s’accompagne d’un vent de nouveauté.
Yves Rakotoarisoa intègre le trio, remplaçant Faratiana Rakotoniaina, dit Tiana Kely, aux côtés des piliers Jean François Nirina Rakotondrainibe (Zigle) et Faralahy Joseph Urbain Ramanantiaray (Baloty). Ce choix audacieux, qui bouscule une équipe au sommet de sa forme, pourrait être le coup de poker décisif ou le grain de sable qui fait dérailler une machine bien huilée. Alors que Madagascar rêve de décrocher une deuxième victoire d’étape consécutive, une prouesse rare dans son histoire, les leçons du passé invitent à la prudence.
Depuis plus d’une décennie, Madagascar s’est imposé comme un acteur incontournable des Masters de pétanque. En 2011, la Grande Île fait une entrée remarquée dans le Final Four avec une équipe composée d’Allain Mandimby, Tiana Laurens Razanadrakoto, Christian Andrianiaina et Jean Marson Ratolojanahary. Malgré un parcours solide, les Malgaches butent en demi-finale sur une équipe de France intraitable (13-7), repartant avec une médaille de bronze et 20 points.
L’année suivante, en 2012, l’équipe, recomposée avec Patrick Ramaminirina et Andry Rakotodrainibe aux côtés de Mandimby et Razanadrakoto, confirme cette régularité. Avec 27 points, Madagascar se hisse à nouveau en demi-finale, mais la France, encore elle, brise ses espoirs (13-5). Cette nouvelle médaille de bronze, bien que méritoire, laisse un goût d’inachevé.
En 2013, Madagascar passe un cap. Emmenée par Christian Andrianiaina, Heritiana Ralison, Anthony Ramamonjisoa et Jean-Jacky Randrianandrasana, l’équipe s’offre une victoire d’étape à La Baule. Cette performance propulse les Malgaches en finale après une demi-finale maîtrisée contre l’équipe Rocher (13-8). Mais face à l’équipe Suchaud, ils s’inclinent (13-7), repartant avec l’argent et 28 points.
Le sommet est atteint en 2014, une année gravée en lettres d’or dans l’histoire pétanquiste malgache. Zoel Alhenj, Lahatraina Randriamanantany, Fanirisoa Randrianatoandro et Frédéric Rakotoariniaina réalisent l’impensable : remporter l’étape d’Istres, une première pour une sélection étrangère, et s’adjuger le titre final. Ce triomphe, fruit d’une alchimie rare et d’une précision chirurgicale, consacre Madagascar comme une nation majeure de la pétanque mondiale. Mais ce couronnement révèle une anomalie : cette année-là, l’équipe n’avait remporté qu’une seule étape, suggérant que la clé du succès réside peut-être dans la gestion de l’effort sur l’ensemble du tournoi, plutôt que dans une domination écrasante.
L’édition 2015 illustre cruellement cette leçon. Avec Zoël Alhenj, Alain Samson Mandimby, Lahatra Randriamanantany et Tiana Laurens Razanadrakoto, Madagascar signe un départ canon en s’adjugeant les deux premières étapes, une performance inédite. Pourtant, ce feu d’artifice s’éteint brutalement en demi-finale, où l’équipe s’effondre.
Naisa




