78 ans après la publication de l’œuvre originale, « Le Journal d’Anne Frank » aura droit à une traduction en langue malgache, conduite par l’écrivaine Michèle Rakotoson et le poète Mitia Riambola. Le premier jet de cet ambitieux projet littéraire a été présenté hier après-midi à l’Hôtel de ville Analakely, dans le cadre de la célébration du 25e anniversaire de Vision Madagascar.
«C’est Tiana Rajaona qui, en m’invitant à déjeuner, m’a tout simplement dit que Zouzar Bouka aimerait bien que je traduise Le Journal d’Anne Frank. Honnêtement, je n’avais jamais envisagé de traduire en malgache un tel monument de la littérature. Il a fallu deux ans de travail, entouré de Mitia Riambola, un immense poète, de Joro Ranaivoson, ancien doyen de la faculté de malgache, chargé des corrections et du maquettiste Freddy Marcel. Ensemble, nous prendrons le temps nécessaire pour offrir une œuvre digne de la littérature malgache. Et le travail n’est pas encore terminé», confie Michèle Rakotoson sans pour autant révéler la date de parution.
Le Journal d’Anne Frank est le témoignage poignant d’une jeune fille juive de 14 ans exilée aux Pays-Bas avec sa famille, dans le contexte tragique de la Seconde Guerre mondiale. L’ouvrage de plus de 300 pages propose également une réflexion sur le monde, les conditions des femmes, les régimes difficiles, la politique, le tout relaté sur un ton cru et direct. «Il convient de souligner que Madagascar possède une poésie propre, qui permet de transmettre un message tout en respectant la sensibilité de la société et des lecteurs. Nous tenons à ce que Ny Diarin’i Anne Frank veille scrupuleusement au respect de la culture malgache, sans jamais dénaturer l’âme originale de l’œuvre», a ajouté Mitia Riambola, qui a proposé une lecture de l’extrait du livre, en guise de mise en bouche.
L’ouvrage a été traduit dans plus de 70 langues à travers le monde. Devenu l’un des titres les plus lus et les plus populaires au niveau international, il existe également des adaptations théâtrales et cinématographiques de l’œuvre. Qualifié comme étant un patrimoine documentaire mondial d’intérêt universel, le Journal d’Anne Frank est inscrit en 2009 au registre international de la Mémoire du monde de l’Unesco. «C’est la première fois que dans le monde, une langue minoritaire traduit ce livre», se félicite Michèle Rakotoson.
Joachin Michaël




