« Cette souffrance me hante même ici ». Ce rapport d’Amnesty International, présenté, hier à la presse au Radisson Tamboho à Ambodivona, met en lumière le combat pour les droits humains des Antandroy déplacés du sud de Madagascar, en raison du changement climatique.
Menées entre mai 2024 et mai 2025, les investigations en vue de la rédaction du rapport de 69 pages au total, ont mis en lumière les problèmes rencontrés par les Antandroy depuis leur départ de leur village d’origine jusqu’à leur installation dans la destination finale. Nciko wa Nciko, conseiller en justice climatique pour l’Afrique de l’Est et du Sud et conseiller national pour Madagascar chez Amnesty International, a retracé devant la presse, hier ce périple parsemé d’embûches.
«Autrefois, les Antandroy ont réussi à survivre chez eux, mais depuis 1930, les politiques coloniales ont provoqué la destruction du cactus, la plante leur ayant permis jusqu’alors de résister à la famine», a-t-il indiqué. Depuis lors, ces personnes qui pratiquent essentiellement l’élevage et la culture, ont quitté massivement leur village natal. Or leurs moyens économiques sont limités, les obligeant à recourir à différentes alternatives.
Ainsi, il y en a ceux qui vendent tous leurs biens, juste pour couvrir les frais de déplacement. D’autres font travailler leurs enfants afin d’assurer aussi bien leur survie que les autres besoins. Il arrive parfois aussi que certaines femmes s’adonnent aux routiers pour qu’elles n’aient pas à payer de frais de transport. Elles changent de véhicules environ trois fois jusqu’à la destination finale et donc, de partenaires également.
Pour la prise en côté de la dignité humaine
Pour Mialisoa Randriamampianina, directrice exécutive de Transparency international – Initiative Madagascar (TI-MG), ces vulnérabilités multiples engendrent des corruptions de tous genres. Ainsi pour assurer la survie de ces Antandroy, il est nécessaire de mettre en place des mécanismes de financement transparents afin qu’ils n’aient plus besoin d’engager ce périple sur un trajet de plus de
1000 km.
Dans la région Boeny en particulier, les environs de la réserve naturelle d’Ankarafantsika constituent l’endroit le plus prisé de ces migrants. Or suivant l’ordonnance d’expulsion émise le 20 avril 2021, ces Antandroy ont dû quitter les lieux. «Certes, cette réserve naturelle est une aire protégée. Mais ces migrants sont des humains, alors ce rapport veut attirer l’attention des responsables sur la quête de solutions pérennes pour qu’ils mènent une vie décente», a insisté Lucky Andrianirina, président de l’Alliance Aika.
LR




