La Plateforme de la société civile pour l’enfance (PFSCE) dénonce l’usage indiscriminé de gaz lacrymogènes à proximité des écoles durant les manifestations dans la Capitale, exposant les plus jeunes à de graves dangers sanitaires et psychologiques.
Les images et témoignages de ces derniers jours ont glacé le sang de nombreuses familles. Depuis le 25 septembre, alors que des tensions sociales agitent la capitale, des bombes lacrymogènes ont été utilisées à proximité immédiate d’établissements scolaires, exposant des enfants, parfois en bas âge, à une violence dévastatrice.
Face à cette situation jugée inacceptable, la PFSCE, qui regroupe 66 organisations œuvrant pour la protection des enfants à Madagascar, a publié hier un communiqué ferme et poignant. Elle dénonce « l’utilisation abusive et sans discernement des gaz lacrymogènes par les forces de l’ordre », en particulier dans les zones sensibles telles que les écoles ou les centres de santé.
Suffocation et malaise chez les enfants
Selon la PFSCE, plusieurs enfants ont été victimes de suffocation et de malaises après avoir été exposés aux gaz lacrymogènes, soit en quittant leur école, soit à proximité de lieux publics fréquentés. « Ces pratiques exposent des enfants particulièrement vulnérables, qui ne disposent ni des moyens physiques ni de la capacité de se protéger ou de fuir », alerte le collectif.
Les conséquences, encore en cours d’évaluation, sont à la fois physiques et psychologiques. Des appels à l’aide ont été lancés par des parents d’élèves, des enseignants et des professionnels de santé, mettant en lumière l’urgence de mesures concrètes.
Un rappel aux engagements internationaux
Le communiqué rappelle que Madagascar est signataire de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, notamment de son article 19 qui engage les Etats à protéger les enfants contre toutes formes de violence. La PFSCE fustige le non-respect de cet engagement et appelle les autorités à « mettre l’intérêt supérieur de l’enfant au centre de toutes décisions publiques ».
Outre l’interdiction immédiate des gaz lacrymogènes aux abords des lieux fréquentés par les enfants, la PFSCE demande entre autres, la mobilisation de ressources médicales et psychosociales pour suivre les enfants affectés. A cela s’ajoute le renforcement des mécanismes de protection de l’enfance dans tout le pays.
Recueillies par Fahranarison




