Après plusieurs jours de suspension en raison de la crise politique qui secoue le pays, la Fondation H rouvre enfin ses portes au public, à partir de demain.
Cette réouverture est une vraie bouffée d’air pour le monde de la culture. Pour marquer l’événement, la galerie accueille une nouvelle exposition intitulée « Correspondances », signée par l’artiste franco-béninois Roméo Mivekannin. Elle est accessible jusqu’au 21 mars prochain.
Cette exposition est un vrai voyage entre passé et présent, entre Madagascar, le Bénin et la France. Roméo Mivekannin s’inspire de vieilles cartes postales coloniales pour créer des œuvres pleines d’émotions et de sens. Ces cartes, qui autrefois montraient une autre vision et stéréotypée des peuples africains, sont ici réinterprétées et transformées. L’artiste veut redonner une voix à ceux qu’on a oubliés ou effacés de l’histoire.
« Correspondances » est un mot qui symbolise les liens entre les époques, les pays, les cultures et même les âmes. Ainsi, l’exposition parle de mémoire, de transmission et de réparation, une façon de regarder le passé pour mieux comprendre le présent. La correspondance, comme la carte postale, relie des mondes éloignés, en portant ainsi les traces du passé, un message envoyé d’un lieu à un autre, d’un temps à un autre, pour garder la mémoire vivante.
Des grands œuvres exposés
Pour cette exposition, Roméo Mivekannin présente deux grandes séries d’œuvres. La première, appelée « Fahatsiarovana » ce qui signifie littéralement « souvenir », est une immense installation de 20 mètres de long, réalisée avec l’aide de ferronniers malgaches. Elle représente des asen, autels vaudous qui font écho aux reliques et stèles funéraires malgaches. La deuxième série, plus délicate, est faite de peintures sur draps cousus et brodés par des artisanes locales. Ces tissus, infusés d’élixirs créés par l’artiste, montrent des images inspirées des anciennes cartes postales. Le résultat est à la fois beau, fort et chargé d’histoire.
Chaque samedi, à part l’exposition, la Fondation H organise des activités gratuites, comme des conférences, des projections, des ateliers ou performances… autour du thème de l’exposition ou encore du style de l’artiste vedette. Des visites spéciales sont aussi proposées pour les enfants, les écoles et les personnes en situation de handicap, avec l’aide de plusieurs associations. « Divers dispositifs de médiation sont également mis en place pour s’adapter aux publics en situation de handicap : des visites accessibles en langue des signes malgache ou sous forme adaptée à différents types de handicaps physiques et mentaux, en collaboration », annonce la fondation dans son communiqué de presse. Cette réouverture symbolise le retour de la vie culturelle après des semaines d’incertitude. Avec « Correspondances », Roméo Mivekannin et la Fondation H nous rappellent que l’art peut soigner les blessures, rapprocher les peuples et redonner espoir.
Holy Danielle




